Peaky Blinders - Intro

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Peaky Blinders - Intro

Message par Redhairedmoira le Jeu 14 Déc - 21:01

INTRO


--- X ---

Alfie Solomons. Ce nom seul suffit à te provoquer un de ces longs frissons d'effrois et des sueurs froides assorties, à te glacer le sang et le fournir de quoi alimenter tes cauchemars pour les semaines à venir. Le juif errant. Le roi fou. Ce ne sont pas les sobriquets qui inspirent confiance et pourtant... tu avais beau les avoir déjà trop souvent entendus, tu n'imaginais pas à quel point ils étaient loin de rendre hommage à cet homme. Et la réalité te frappe à présent comme une évidence, une vérité connue de longue date mais gardée enfaite et à laquelle on oubliait de prêter attention : Alfie Solomons est un démon. Bien avant qu'il ne desserre les mâchoires, cette étrange posture qui lui donne des airs d'ours trapu auquel tu ne voudrais te mesurer pour rien au monde et l'aura imposante qui émane de sa personne te cloue sur place comme il te vient l'étrange impression que le moindre mouvement de ta part pourrait attirer l'attention de la bête sauvage qui vient de faire son entrée. Et comme pour finir de te convaincre tout à fait de la nature de cet invité dont tu te serais bien passée, il y a cette voix. Cette voix qui te fait vibrer jusqu'aux entrailles comme elle résonne dans le hall sans que tu ne parviennes à te concentrer sur les mots qu'elle prononce.

« Vous comptez m'annoncer putain ou vous attendez que je prenne racine ? Hum?»

La seconde interjection est la bonne et tu sursautes en relevant brusquement la tête vers lui. Geste que tu regrettes instantanément. Le regard qu'il te retourne de par dessous son chapeau est celui d'un fou, un fou dangereux que tu as bien trop peur de contre dire mais dont l'aura effrayante te paralyse de la tête aux pieds. Alfie Solomons est un démon ; et pour la première fois depuis que tu travailles pour la Shelby Company Limited, tu te surprends à douter de ta capacité à mener ta mission à bien.


Dernière édition par Redhairedmoira le Ven 15 Déc - 0:37, édité 1 fois

Redhairedmoira
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Re: Peaky Blinders - Intro

Message par Redhairedmoira le Jeu 14 Déc - 21:05

--- X ---


Lorsque que ton propre frère a évoqué Birmingham comme une option viable et la possibilité pour vous deux de rejoindre les Peaky Blinder, ta première réaction avait été pour le moins épidermique. Bien sûr, au vu des récents démêlés de ton ainé avec les forces de l'ordre chercher la protection de vos alliés semblait la meilleure chose à faire, mais jamais tu n'aurais imaginé qu'il te forcerait la main et t'entrainerait avec lui. Ta vie à toi, elle te convenait très bien. Le sang tsigane qui coule dans tes veines t’as toujours tenue éloignée des villes et l’idée de te poser quelque part, de devoir t’astreindre à un travail de bureau qui plus est, t’avait hérissé le poil et fait hurler toutes les insanités du monde a l’encontre de ton ainé.

Pourtant, lorsque tu as rencontré ton nouveau patron en chair et en os, tu t’es surprise à songer que tu pourrais t’accommoder de cette vie. Pour peu qu’il t’accorde un regard. Alors quand il a daigné faire mine de flirter avec toi, tu t’es promis de ne jamais le décevoir de peur qu’il cesse de prononcer ton nom comme il le fait si bien. Quand bien même tu devrais pour cela accomplir les plus basses besognes qu’il puisse t’imposer. De secrétaire, il en avait déjà une, Lizzie, et si tu as appris à éprouver le plus grand respect pour cette dernière, tu t’es aussi mise a jalouser sa complicité avec votre employeur et toutes les occasion sont devenues bonnes à prendre pour la devancer. Ainsi quand Thomas t’as prise à part dans son bureau pour te charger d’une mission de la plus haute importance, tu t’es sentie fière, tu as bombé le torse, tu as accepté sans sourciller. Même après en avoir entendu l’intitulé. Mais aujourd’hui que tu dois rendre des comptes, que tu dois lui faire un rapport sur l’avancée de ta tâche…


« J’ai besoin de reprendre les affaires avec lui, (x/n). Mais je ne le ferais pas sans la garantie que cette fois, j’aurais moi aussi de quoi le doubler s’il le faut. Tu comprends ça n’est-ce pas ? »

« Tout à fait Mr Shelby. »

Réponse courte qui parvient à franchir la barrière de tes lèvres et tu sais qu’il n’en sortira pas d’autre. Tu as bien trop peur de te trahir d’une voix qui laisserait paraitre tout ce que tu éprouves pour l’homme appuyé contre le large meuble devant toi. Tu n’oses pas même lever les yeux vers lui lorsqu’il te tend son étui à cigarettes pour t’inciter à te servir. Tu en meurs d’envie mais tu n’oses pas. Pas alors que tu sais qu’il t’en veut de faire preuve d’aussi peu d’efficacité.

« Ton frère est un homme fiable. Une paire de bras sur laquelle je sais pouvoir compter. Mais toi, toi… tu as tes propres talents. Là-dedans. »

Il s’est détaché de son bureau en parlant et est venu pointer ta tempe de l’index, sans savoir l’effet que son geste à sur toi.

« J’ai besoin de ça. De ton inimitable talent pour lire entre les lignes et dans les regards. J’ai besoin de toi pour découvrir ses faiblesses, pour deviner ses doutes, ses craintes. Je sais comment il pense quand il s’agit de parler buisines, mais le reste… le reste est un mystère. »

« Il … il ne me laissera pas entrer. »

Le son de ta propre voix te surprend. Comme si tu ne t’attendais pas à parvenir à formuler cette objection. Et pourtant tu persistes.

« Il n’a eu pour moi qu’un mépris glacial. Je ne suis personne et il le sait. Il n’a aucun intérêt à me voir autrement que comme un bibelot. Un bibelot auquel vous n’attachez vous-même pas la moindre importance. Et si je n’ai pas de valeur pour vous, pourquoi lui verrait-il… »

« Je doute qu’il soit stupide au point de te croire inutile. »

Il tire une nouvelle bouffée de tabac avant de basculer la tête en arrière et de tordre ses lèvres vers le plafond pour expirer la fumée. Toi tu fermes les yeux. Tu te sais incapable de détacher ton regard de ce cou si parfait contre lequel tu voudrais poser ton front pour enfouir ta tête au creux de son épaule.

« Et je doute que tu sois assez sotte pour en penser un traitre mot toi-même. J’ai besoin de toi, (x/n). J’ai vraiment besoin de toi. »

Ces mots prononcés sur ce ton nonchalant qui le caractérisent, avec ce timbre grave qui réveille si aisément tous les fantasmes qu’il t’inspire et que tu aurais bien trop honte d’avouer. Ce baiser qu’il est venu poser sur une de te pommettes, te laissant t’enivrer de cette odeur de tabac mêlé de poudre et de whisky hors de prix. La chaleur de son corps si près du tient… Dieu tout ce qu’il pourrait faire de toi ! Il n’aurait qu’un mot à dire. Et puisque tu as bien trop peur qu’il ne te revoit sur les routes, loin la toxique mais ô combien délicieuse présence qui est la sienne, tu t’empresse d’aller dans son sens et de lui trouver la solution à votre problème.

« Plutôt qu’un télégramme, envoyez-moi à Camden Town à votre prochain échange. Donnez-lui une raison de me voir comme autre chose qu’un bibelot. »

Un rictus amusé vient tordre ses lèvres à la fin de ta phrase comme il pointe de nouveau en direction de ta tempe.

« Je le savais. »

Sans un mot de plus, il reporte le mégot à ses lèvres et s’éloigne d’un pas. Disparaissant dans ton dos comme toi tu restes figée sur place. L’esprit encore écartelé par ces deux pensées : tu vas te rendre seule à Camden Town, te retrouver seule face au seul homme que Tommy Shelby n’a jamais pris à la légère, face à l’imprévisible détraqué dont tu crains jusqu’à l’ombre ; mais il vient de te dire combien tu lui étais précieuse, indispensable presque, il te fait confiance pour infiltrer l’esprit de cet énergumène, pour en découvrir les secrets alors que tu connais déjà trop des siens.





---Y---


Le sait-elle ? Sait-elle seulement à quel point tu aurais voulu lui épargner ça ? Mais ce n’est pas ce qui te torture le plus. Ce n’est pas d’avoir forcé la si naïve et pourtant si sauvage petite chose qui te sert de sœur à quitter la vie à laquelle elle tenait tant qui te torture le plus. C’est bien le fait que cette même fleur délicate et fragile se change peu à peu en une créature qui t’es tout à fait inconnue depuis son arrivée ici. Si toi tu as l’impression de n’être plus à présent qu’une pale ombre de toi-même, elle, elle s’est épanouie dans cette vie. Et te savoir responsable de ce changement t’est insupportable. Toi, jouer les gros bras, les portes flingues pour la fratries Shelby, ça ne froisse pas vraiment le peu qu’il te restait de vernis à l’âme, tu avais déjà du sang sur les mains avant de les rejoindre. Mais elle… la voilà dans les petits papiers de Thomas Shelby en personne et cet homme te glace le sang autant qu’il t’inspire ce respect que seuls les rois et les génies méritent. Car de génie, tu n’en connais pas d’autre, pas qui puissent rivaliser avec lui en tout cas. Et de roi… ho, pour sûr, il en a le charisme et le pouvoir. Ou c’est tout comme.


Mais même à un roi, tu ne parviens pas à confier l’âme de ta tendre sœur. Et ce soir, en la voyant quitter les locaux de la Company la tête basse, perdue dans de sombres pensées au point d’à peine te reconnaitre en te croisant, tu as senti ton cœur se fissurer comme si une partie de toi venait de disparaitre, éclipsée par les ombres sinistres qui lui embrumaient le regard. C’est dans cette irrépressible douleur que tu as puisé la force d’aller le confronter, de venir te planter devant la porte de son bureau une fois les locaux désertés par le reste du personnel. Tu n’as pas la moindre idée de ce que cet homme a pu dire ou faire à ce brin de femme auquel tu tiens tant, mais tu te dois d’en avoir le cœur net. Une part de toi voudrait affirmer que tu mettrais ta vie dans la balance pour venger un affront trop impardonnable, même de sa part, mais tout le reste de ton âme envisage déjà une option plus raisonnable, une fuite que vous pourriez entreprendre à deux, tu fuirais ta réputation, elle fuirait le souvenir de l’entrevue de ce soir. Il est des pays sur le continent où vous auriez une place. A coup sûr. Et tu calcules déjà le meilleur itinéraire pour ces contrées là quand sa voix te tire de tes projets encore trop imparfaits.


« (y/n) ? Si tu viens chercher ta sœur, elle est partie il y a une bonne heure déjà. »

Il devait s’apprêter à partir, le manteau sur les épaules, sa casquette ajustée sur son front, une cigarette neuve au coin des lèvres, lorsqu’il a ouvert la porte et s’est figé devant toi.

« (y/n) ? Tout va bien ? »

Tu réalises alors que tu le fixes en silence depuis qu’il a fait son apparition, depuis trop longtemps probablement puisqu’il semble insister.

« Voila un homme qui a bien mauvaise mine. Je m’en voudrais trop de te laisser repartir sans avoir pu dire ce que tu as sur le cœur. Entre donc. Whisky ? Rhum ? »

Toi, tu écarquilles des yeux comme des balles de billards en le regardant replacer son manteau sur le portant et retourner à son bureau pour y poser deux verres. Allons bon. Si on t’avait dit qu’il te serait si facile d’obtenir un entretien avec le patron ! Et te faire servir un verre qui plus est. Mais si (x/n) t’a souvent reproché trop de naïveté, tu n’es pas assez stupide pour te jeter dans la bataille en prenant cette invitation pour une ouverture ou une preuve de faiblesse. Il reste cet homme dangereux et froid qui n’a volé ni son titre, ni sa réputation.

« Je ne suis pas venu pour boire Mr Shelby. »

« Allons, allons, c’est le moins que je puisse faire. Après tout, te voila seul par ma faute et bien que je doute qu’un whisky, tout bon qu’il soit, puisse la remplacer, il atténuera un peu l’absence. »

L’absence…ce mot resonne un instant entre tes oreilles sans que ton esprit ne veuille en comprendre le sens. L’absence… il te semble vaguement entrevoir la vision épouvantable de cette ombre blafarde qui ressemble à ta sœur et que tu a croisé plus tôt. Absence… la vision disparait pour mieux te laisser revenir à la réalité, à ce visage froid, à ces prunelles dont le bleu délavé te perse jusqu’à l’âme.

« L’absence… je ne comprends pas… »

Il arque un sourcil et tu crois entrevoir un bref rictus carnassier au coin de ses lèvres mais il garde ce même masque vide d’émotion qui le caractérise si bien et il se contente de pousser vers toi le verre qu’il a rempli pendant que ton esprit assimilait ses mots.

« Je ne comprends pas Mr Shelby. »

Que tu répètes hébété, passant le regard du scotch qu’il t’incite à boire à ces yeux définitivement trop pales. Non, il ne peut définitivement pas parler d’elle. Elle te l’aurait dit en te croisant. Elle ne partirait pas sans te prévenir. Et où pourrait-il bien l’envoyer ainsi ? Seule ?

« Je pensais qu’elle t’en avait touché quelques mots quand vous vous êtes vu tout à l’heure. J’y voyais la raison de ta présence ce soir et.. allons, c’est mieux ainsi. Si même à toi, elle n’a pas trahi un mot de notre entrevue, c’est que je ne me trompais pas à son sujet. »

A nouveau, la terrifiante lueur dans le regard de ta cadette te revient à l’esprit mais cette fois, tu as beau cligner des yeux, secouer la tete de droite et de gauche, la vision ne te quitte plus. L’entrevue dont il parle… Grand Dieu… mais que c’est-il passé entre ces deux là pour qu’il salue de la sorte le silence religieux d’(x/n).

« Ta sœur vois-tu, ta sœur va passer quelques jours à Londres. Au près d’un ennemi très cher à mon cœur. J’ai besoin d’elle là-bas. J’ai besoin de ses talents et j’ai besoin que tu saches exactement où elle est et ce qu’elle fait. J’ai besoin que tu saches qu’il me suffit d’un mot pour la faire revenir…. Ou non. »

Et comme si tu te réveillais enfin, avec cette dernière phrase, ces derniers mots, tu te lèves d’un bond du fauteuil où tu avais pris place mais d’une main ferme, il te force à te rassoir aussi sec.

« Chhhhh…. Je suis ravi de voir que tu comprends enfin la délicate position dans laquelle tu te trouves, mais je voudrais que tu me laisses terminer ce que j’ai à dire avant de monter sur tes grands chevaux. Tu me suis toujours ? »

Mécaniquement, tu hoches la tête. Cet homme que tu voyais presque comme un dieu avant de franchir la porte, cet homme vient d’endosser en quelques mots le costume du bourreau sans âme que bien des gens lui prêtaient sans que tu ne veuilles y croire depuis tout ce temps. Tu le savais déjà impitoyable, tu le connaissais calculateur et implacable. Mais tu le voyais jusqu’ici comme un de ces puissants qui veillent sur leurs ouailles pour peut qu’elles lui soient d’une fidélité sans bornes. Et fidèle, tu l’as été. Elle aussi, pour ce que tu en sais. Alors pourquoi deviendrait-il tout à coup ce tortionnaire sadique que tu as sous les yeux ?

« Elle m’est précieuse, très. Mais je n’hésiterais pas un instant si tu venais à me décevoir. Je voulais simplement te le rappeler. M’assurer que tout soit parfaitement clair entre nous. »

« Plus que clair Mr Shelby. Mais je….Je.. jamais je ne… pitié… si jamais je vous ai déçu, si jamais je vous déçois un jour… pas elle… tout ce que vous voudrez mais pas elle…pas lui… pitié…. »

Et tout en parlant, tout en suppliant, tu t’es laissé glissé du fauteuil dont tu ne pouvais te lever autrement. Tu as rampé à genoux à ses pieds. Pour elle, c’est bien le moins que tu puisses faire. Et tu pries en silence un Dieu qui t’a probablement abandonné si elle est bien partie pour Londres, pour aller voir cet homme en son nom, s’il la lui a réellement offerte en pâture. Et tout en priant, tu t’es agrippé au tissu de son pantalon, juste au-dessus de ses souliers vernis. Il n’a qu’un mot à dire pour que tu les embrasses, pour peu qu’il la rappelle à lui, à toi, avant qu’elle n’atteigne sa destination.

« Tout ? Voila qui est bon à savoir (y/n)… voila qui est bon à savoir… »



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