Peaky Blinders - Partie 1

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Peaky Blinders - Partie 1

Message par Redhairedmoira le Ven 15 Déc - 2:11


--- X ---

Voila bien dix bonnes minutes que tu te trouves là. Plantée au milieu de la pièce qui lui sert de bureau, et de dépotoir si ton avis peut avoir le moindre poids en la matière, les meubles dépareillés en taille et en époque s’entassant pèle mêle, les papiers s’étalant dans un fouillis sans borne d’un bout à l’autre de l’espace restant et cette odeur entêtante de rhum et de poussière… Dieu cette abominable odeur…. Dix minutes que son employé, lieutenant, brasseur, homme de main, peu importe, t’as annoncée et faite entrée dans la pièce avant de t’y laissée seule avec lui d’un simple geste de la main du colosse. Dix minutes qu’il continue de rédiger ce qu’il avait entamé avant ton arrivée, ses lunettes rivées sur le nez et les yeux rivés au papier, sans un regard pour toi ou son homme, sans un mot non plus. Comme la fois précédente, songes tu, il ne s’intéressera à toi qu’une fois qu’il sera agacé par ton silence, à moins que le sien n été fasse craquer la première. Non, tu ne lui feras pas ce plaisir. Et si Tommy ne se trompe pas sur son compte, et tu sais qu’il ne se trompe que très rarement, non, qu’il ne se trompe jamais ; si Solomons est aussi intelligent que sa réputation le laisse entendre, alors il sait déjà parfaitement quelles étaient les intentions de Tommy en t’envoyant ici et tu dois mettre ce temps à profit pour le prendre de court. Tu évalues tes options. Jouer la carte du professionnalisme, de la parfaite secrétaire que tu es supposée être, lui rendre sa froideur en lui délivrant ton message sans fioriture. Tenter de le séduire pour mieux mener le taureau enragé qu’il peut être par les nasaux, ça tu as déjà fait une croix dessus, tu n’es pas de son monde et tu doutes fortement qu’il puisse être le genre d’homme à se laisser avoir par un battement de cils ou une robe outrageusement remontée sur une jambe au bas trop clair. Non. Pas lui. Mais utiliser la première option pour arriver à la deuxième conclusion te semble avoir le plus de chance de faire mouche.

Ainsi tu as ajusté une de ces cigarettes fines que fument ces bourgeoises que tu méprises pourtant plus que tout au coin de ta bouche et tu fais mine de l’ignorer à ton tour, de ne pas t’offusquer de son mépris tout en lui signifiant sans la moindre subtilité que tu commences à manquer de patience. Une petite voix au fond de ton crane te souffle que si tu parviens à percer ce roc-là, rien ne te sera plus impossible concernant l’homme qui t’a envoyée là et dont tu te langui déjà. Puisque tu es assez folle pour être tombée amoureuse de Thomas Fucking Shelby, alors dois bien l’être assez pour oser essayer de séduire l’homme de Neandertal assis devant toi. Et quand il désigne la chaise encombrée en face de lui, sans pour autant relever la tête, et que tu prends des manières de princesses pour poser la paperasse qui s’y trouve sur le bureau et prendre place, quand tu capte un bref haussement de sourcil de sa part, tu jubiles intérieurement. Au moins tu as réussi à attirer un peu de son attention.


« Un instant trésor. Je suis à vous dans un instant. »

« J’ai tout mon temps Mr Solomons. Je ne peux pas en dire autant de notre ami commun en revanche… »

Dieu ce que tu es fière de ton petit manège. Plus encore quand il daigne enfin lever les yeux et que tu parviens à soutenir son regard sans sourciller, galvanisée par la seule idée que Tommy te récompensera à ton retour si tu remplies ton rôle avec brio.

« Notre ami commun... notre.. fichtre ! Allons sucre d’orge, on sait tous les deux ce pourquoi Tommy vous envoie. Hum ? Il est question de quoi ? Hum ? De son foutu gin ? Il veut m’inviter à gouter son foutu gin pour voir s’il peut le vendre aux femmes des couillons à qui je vends mon rhum ? Hum ? Ça justifiait pas un messager pareil. Alors quoi ? Hum ? Hum ? Vous, il espère qu’en vous collant dans mes pattes, il va m’adoucir. C’est ça hum ? Ou alors il pense qu’une paire de loche et de grands yeux de biches font un parfait petit espion… c’est ça hum ? Hum ? »

Son monologue, tu le lui laisse finir en savourant cette cigarette qui te donne un semblant de prestance dont tu as grandement besoin. Tu laisses un rictus te tordre les lèvres et se muer en un sourire amusé comme il débite son laïus avec conviction. Son analyse est bien plus pertinente qu’il ne l’imagine mais il a commis l’erreur de te faire patienter tantôt. De te laisser dix minutes debout devant lui. Dix minutes pour réfléchir à un contre réquisitoire parfait.

« Pour le gin, vous avez vu juste, je suis forcée d’admettre que vous êtes soit tout aussi malin qu’on le dit, soit très bien informé. Pour le reste… Nous savons tous les deux, je crois, que Mr Shelby n’est pas assez stupide pour vous imaginer capable de succomber à un joli sourire, d’autant que vous pourriez trouver bien plus séduisant que le mien, j’en suis persuadée. Non, Mr Solomons, vous faites erreur sur cette partie-là. L’idée était de moi. Mon frère, voyez-vous, mon frère.. et bien il a ses propres problèmes. Et ceci, Mr Solomons, ceci était la parfaite occasion de prouver une fois encore ma loyauté sans faille à mon employeur avant qu’il n’ait l’occasion d’en douter. Rien de plus. »

Tout en savourant la parfaite réplique que tu lui sers, tu le regardes s’avachir dans le large fauteuil qui est le sien, un bras en travers le la poitrine, l’autre appuyé dessus pour mieux lisser cette barbe hirsute qui lui couvre le menton. Pour la première fois, tu remarques ces marques sur ses joues, ces cicatrices laissées par quelques maladies de peau que sa pilosité a probablement pour but de masquer. Et comme ton regard suit naturellement les courbes de ce visage marqué, tes yeux finissent par croiser les siens. Un bref instant, tu crois y entrevoir une fatigue immense, une lassitude infinie, une peur indicible, une pitié profonde. Mais tout ceci disparait presque aussitôt et tu enterres l’idée absurde qu’il puisse y avoir une âme au fond de cet homme-là.

« Ho Joli Cœur… naïve petite chose. »

« Plait-il ? »

Sourcil arqué, tu fais mine de ne pas comprendre cette dernière phrase quand tu redoutes déjà qu’il n’ai pas gobé un traitre mot de ton baratin.

« Admettons que je marche. Hum ? Que vos belles histoires de loyauté prennent. Hum ? Non… vous n’êtes pas assez sottes pour croire en ces paroles vous-même pas vrai ? Hum ? Croire que Tommy Shelby, SHELBY ! que TOMMYYY SHEL.. BY… vous a accordé cette… » il agite vaguement sa main devant lui en te désignant et tu sens ton masque se fissurer lentement au rythme de ses mots. « .. Cette stupidité, cette connerie de mission sans arrière-pensée. Vous ne pouvez pas être venue là sans avoir réalisé n’être qu’un putain de pion sur son échiquier. Hum ? »

Faite comme un rat. Ou pas. Non. Pas si vite. Il est malin, mais tu es plus vicieuse et tu as plus d’un tour dans ton sac. Et puis tu ne dois pas perdre ton objectif des yeux. Tu veux entendre Tommy te féliciter quand tu rentreras avec les informations dont il a besoin. Alors tu te sers de la mine déconfite que tu affiches déjà. Tu en fais ton nouveau masque en y ajoutant quelques larmes, une lèvre mordue dans une moue angoissée. Tu parfais ton jeu.

« Non.. non… vous vous trompez. Je suis certaine que vous vous trompez, je… il.. »

Cette fois, il n’est plus le paranoïaque inquisiteur de tantôt. C’est du dégout, de l’agacement, de la pitié aussi, qui transparait dans ses gestes à ton encontre et dans le ton qu’il emploi en te tendant un mouchoir dans le même état lamentable que son bureau et toi.. toi tu notes que cette piste-là est peut être la bonne. Enfin.

« Allons trésor. Quel âge avez-vous. Hum ? Vingt ans à peine ? Hum ? Hum ? »

« Dix Neuf… » et tu renifles bruyamment en attendant de voir où il veut en venir.

« Dix neuf ans. Tommy fucking Shelby. Dix-neuf ans et il se sert de vous de la sorte. Tsss tsss. Voila ce qu’on va faire. Hum ? Vous avez transmis votre message, hum ? Vous avez rempli votre part du marché. Tommy sera content. Hum ? Demain, je m’organiserais pour vous raccompagner à Birmingham. J’irais voir ce que vaut le gin de ce crétin, et vous vous serez bien au chaud chez vous. Hum ? Dix-neuf ans putain. »

C’est trop beau pour être vrai. Il a marché et toi tu t’engouffres dans la brèche avec plaisir.

« Demain Mr Solomons ? Oui après tout il se fait trop tard pour… » tu renifles une dernière fois en te mouchant dans le tissu usé qu’il t’avait donné et tu reprends « … pour partir aujourd’hui. »

« Hum ! »

« Alors peut-être pourriez-vous m’indiquer un hôtel ? »

« Hum ? Un hôtel Sucre d’Orge ? Pour quoi faire ? Je ne vais pas laisser les messagers de Tommy dormir dans un bouge miteux. Hum ? Non, non, je n’ai peut-être pas la demeure luxueuse de notre... ami commun mais je peux vous faire préparer une chambre. Chez moi. Mon invitée. Hum ? »

Et comme revoila son regard de fou dangereux, comme tu vois s’élargir un sourire qui ne t’inspire rien de plus qu’un cynisme sans bornes, tu sens revenir en toi toute la peur qu’il t’avait inspiré lors de votre première rencontre. As-tu jamais eu le dessus dans cette conversation ou n’étais tu qu’une petite souris entre ses pates de prédateur depuis le début ? Non. Tu as encore bien des cartes à jouer.

Gif:


La porte de la chambre refermée derrière toi, tu te laisses enfin aller à soupirer. Une fois. Deux. Pour évacuer toute la tension que tu contenais depuis ton entrée dans son bureau quelques heures plus tôt. Il n’a pas desserré les mâchoires de tout le trajet. Ni durant le repas. A peine a il émit ces grognements sourds dont il se sert pour ponctuer ses phrases quand la gouvernante s’est adressée à lui. Foutu sauvage. Toi qui pensais qu’à Londres, les hommes avaient plus de conversation que dans le patelin pour lequel tu avais abandonné la vie de liberté que tu chérissais tant. Mais un homme.. non, c’est à un animal que tu as à faire. Son comparse avait au moins la décence de t’adresser la parole, sa bonne aussi. Lui, il a déjà tout ce qu’il lui faut semblerait il. Sauf ton nom. Il ne t’a même pas demandé ton nom. Un bibelot sans intérêt, comme tu l’avais prédit. Mais tu ne peux pas te contenter de ça, tu dois essayer, encore un peu. Demain il sera trop tard et la chance qui t’es donné ce soir, tout aussi répugnante que l’idée puisse te sembler, cette chance là, tu ne dois pas la laisser passer. Tommy sera fier de toi. Tommy sera fier de toi. C’est tout ce qui compte.

Ainsi après avoir pris le temps de t’assurer devant la glace d’avoir retrouvé toute te prestance et ce nouveau masque de jeune fille désespérément perdue, tu poses une main sur la poignée de cette porte de chambre, dernier rempart à franchir avant de plonger dans le vif du sujet. Seulement comme tu te décides enfin, ton esprit perturbé te renvoi cette dernière image, ce regard, ce sourire, cette aura imposante devant laquelle tu te sens ridiculement impuissante.. et c’est face à ce même regard que tu tombes nez à nez une fois la porte ouverte. Il se tient là, dans le couloir, les deux mains appuyées sur sa canne, son aura imposante faisant chavirer le peu de contenance qu’il te restait.


« Besoin de prendre l’air ? Hum ? »

« J’av.. j’avais simplement besoin d’un verre d’eau.. je… »

« Plus tard. Hum ? Plus tard peut-être… »

--- Alfie ---

Plus tard. Voila. Plus tard. Il n’est pas un monstre, Alfie. Si elle a vraiment soif, il la laissera boire ; mais il a bien trop de question pour elle. Parce qu’elle n’a pas tout dit, pas vrai ? Non, elle n’a pas tout dit. Ho certes, elle a la langue bien pendue, pas vrai ? Mais elle lui a servit bien trop de mensonges pour qu’il en reste là. Elle dit peut-être la vérité. Peut-être qu’elle ne savait pas ce que Tommy avait derrière la tête en l’envoyant toute seule. Mais il sait lui. Il sait que son vieil ami ne fait jamais rien sans raison, pas vrai ? Alors il veut en avoir le cœur net. Il ne la force pas à reculer, il avance simplement vers elle et l’instinct de la demoiselle fait le reste. Quoi ? elle a peur de lui ? Ce n’est pourtant pas un monstre, Alfie. Pas un vrai. Parce qu’il en connait, des montres. Des gars qui n’hésiteraient pas à profiter de l’occasion, de ce cadeau envoyé en guise de télégramme. Et quel cadeau, hein ? De grands yeux qu’il aurait jurés verts dans l’après-midi et qui lui semblent à présent plus bruns. De longues boucles rousses mal retenues dans un chignon à demi défait. Une bouche à laquelle il se voit déjà mordre sans retenue. Et pour ne rien gâcher, elle a ces hanches larges et cette taille fine où il se voit déjà promener ses mains. Mais il n’est pas comme ça, Alfie, pas vrai ? Non, elle n’a pas à avoir peur de ça.

« Il y a.. des choses que j’aimerais comprendre. Hum ? On va parler un peu. Hum ? Hum ? »

Elle hoche simplement la tête en le regardant refermer la porter derrière lui. Non, il ne va pas lui sauter dessus, mais il veut qu’elle comprenne qu’elle n’échappera pas à cette conversation. Elle ne serait pas assez folle pour essayer de s’enfuir en pleine nuit de toute façon, pas vrai ? Mais si elle ne parle pas, il ne peut pas y avoir de conversation, pas vrai ? Elle semblait si bavarde. C’est qu’il doit lui faire peur.

« Asseyez vous .. là. Hum ? Et moi ici. Hum ? Juste des mots, ça vous va ? Hum ? »

Il lui indique le fauteuil au coin de la pièce et lui, il prend place sur le bord du lit. La distance va la rassurer, pas vrai ? Et puis, si elle a menti, si Tommy l’a bien envoyée pour le manipuler ou une sottise du genre, elle pourra bien le rejoindre, il le repoussera pas. Il va pas se priver si c’est elle qui ouvre le bal, pas vrai ?

« Pourquoi ? Hum ? Pourquoi  avoir besoin de lui prouver votre loyauté ? Hum ? Hum ? »

Il attend sa réponse, les deux mains posées sur sa canne devant lui, installé là avec le plus d’aisance possible. Il vaut qu’elle cesse d’avoir peur, mais il veut aussi lui rappeler qu’elle n’a pas le choix pas vrai ? Il faut qu’elle parle. Il veut qu’elle parle. Alors quand elle hausse bêtement les épaules, il grogne. Il lève le regard au plafond et il frappe un coup au sol, puis deux, avec sa canne. C’est bruyant, ça en impose, ça fait juste un tout petit peu peur, pas vrai. Juste ce qu’il faut, pas vrai ?

« Ce que mon frère a fait ne vous regarde pas. »

Elle parle ! Merveilleux. Elle tremble, mais elle parle. C’est déjà ça, pas vrai ?  Mais la réponse ne lui plaît pas. C’est légitime, mais ça ne lui plait pas. Alors il se mordille la lèvre inferieur, il le toise du regard, il cherche une réponse à ce défi. Car c’en est un pas vrai ?

« Hum ! Je suppose. Mais ça suffit pas. Hum ? Je vous laisse entrer chez moi, je vous fais confiance, hum ? » il lâche le pommeau de sa canne d’une main pour mieux la gesticuler entre eux avant de reprendre « C’est un échange. Une conversation. Hum ? Je vous offre un toit pour la nuit. Vous m’offre un peu du son de votre voix. Hum ? »

Il a peur de s’être trompé de mots, mais elle le déstabilise. Il ne doit pas s’énerver, pas vrai ? Elle se fermerait comme un coquillage pas frais, pas vrai ? Mais il ne veut pas non plus de ces palabres stupides de bonnes femmes. Non, il veut des informations. Seulement faut déjà lui délier la langue, la mettre en confiance. Il devrait peut-être arrêter de lorgner ses formes pour ça, pas vrai ?

--- X ---

Imprévisible. Ce mot est encore bien trop léger pour décrire l’homme en face de toi. N’importe quel autre mâle aurait sauté sur l’occasion pour se prendre pour un âne en rut, tu en es persuadée. Accepter son invitation, c’était te jeter dans la gueule du loup. Et pourtant il se conduit presque comme un gentleman. Presque. Parce que si ses mains restent loin de toi, ses yeux eux trahissent toutes les idées perverses qui lui traversent l’esprit. Et tu as le plus grand mal à te concentrer sur ce qu’il dit comme tu sens ton estomac se soulever à l’idée que cet ours puisse poser ses sales pates sur ta peau.

« Hum ? »

Tu sursautes bêtement en l’entendant grogner une fois de plus et tu réalises que tu t’étais mise à fixer ses lèvres en silence, comme captivée par cette aura encore, moins imposante, plus.. magnétique. Non, ça ne va pas. Tu étais supposée le séduire, le mener par le bout du nez, pas te laisser impressionner de la sorte.

« Hum ? »

Tu lui retournes son grognement caractéristique et sa réaction te redonne un peu de prestance. Il ne s’attendait visiblement pas à ça. Tu pourrais presque le croire amusé par ce nouveau jeu si tu ne le savais pas assez fou pour feindre ça aussi.

« Gipsie ? Hum ? Comme lui. Comme Tommy fucking Shelby. Hum ? C’est pour ça qu’il vous a fait une place. Hum ? Pour ça que tu lui es loyale. Hum ? Hum ? »

Gif :

Il a abandonné la politesse qu’il s’efforçait de maintenir jusqu’ici. Pour te tester probablement. A moins qu’il ne cherche simplement à te mettre en confiance. Non. Il frappe de nouveau le sol en grognant comme tu restes muette et tu oublies définitivement la seconde possibilité. La première aussi. Il est simplement agacé. Mais tu dois reprendre le dessus. Il le faut. Alors tu te lèves. Tu t’avances vers le lit, tu fais mine d’ignorer son rictus, ses yeux qui continuent de parcourir tes formes en silence. Tu le frôles. Tu reprîmes un nouveau haut le cœur. Ce n’est pas vers lui que tu te penches, même si tu t’efforces de le lui laisser penser autant que possible, c’est vers ton manteau. En ton fort intérieur, tu remercie le ciel de te l’avoir fait poser là, sur le lit, lorsqu’on t’a présenté la chambre.

« Gipsie. Oui. S’il vous en faut la preuve… » tu profites qu’il ne puisse voir ton rictus victorieux en l’entendant grogner plus fort comme tu presse ta jambe à la sienne en fouillant tes poches « … là. Êtes vous.. enfin… Je ne sais pas si… »

Ton masque naïf retrouvé, tu te dresses devant lui en lui tendant fièrement un vieux tarot usé. Superstition à laquelle tu n’as jamais cru mais tu sais que bien des nigauds y prêtent une grande importance. Il est trop malin pour se faire avoir par des mensonges mais peut-être, juif ou pas, est-il superstitieux.

--- Alfie ---

Elle est délicieuse, pas vrai ? Ce petit tour, cet attrape couillons, elle ne peut pas croire que ça marchera sur lui. Si ? Et sa façon d’éluder la question pour ne pas le vexer, il trouve ça tout à la fois charmant et pathétique. C’est vieux comme le monde ça, la fausse naïveté dont elle fait preuve, pas vrai ? Mais il lui accorde ça. Après tout il voulait la mettre en confiance, il voulait entendre sa voix, pas vrai ?

« Hum ! »

Mais ce qu’il ne veut pas, c’est qu’elle retourne s’asseoir sur le fauteuil. Il est trop loin ce fauteuil. Et quelque soit la raison pour laquelle elle s’est frottée contre lui, il a envie qu’elle recommence. Et pour ça, faut qu’elle reste sur le lit, pas vrai ? Alors il se décale un peu, il lui fait de la place et… et puis non. Il change d’avis. Elle ne peut pas être si cruche, pas vrai ? Pas la fille qui est entrée dans son bureau avec ses grands airs de princesse. Pas la fille qui lui a servit de jolies larmes surjouées. Il a vu juste, Alfie, il le sait. Elle se moque de lui. Il le sait, pas vrai ? Alors il met un terme à ces âneries. Il lui fait ravaler son beau sourire en franchissant d’un geste le peu d’espace entre eux. Sans crier gare, il lui saisi la mâchoire d’une main, lui faisant lâcher les cartes de l’autre. Elle laisse échapper un gémissement surpris mais elle ne se débat pas. C’est bien la preuve qu’il avait raison, pas vrai ? Elle aurait hurlé si elle était aussi innocente qu’elle le prêtant, pas vrai ?

« Voila. Voila ton vrai visage. Hum ? » qu’il vient murmure à son oreille avant d’en profiter pour enfouir son nez dans la tignasse rousse du chignon qui cède un peu plus comme il la malmène de la sorte « Tu as le choix. Parce qu’on a toujours le choix, hum ? Tu peux me dire pourquoi tu es là, et me reconduire à la porte. Et demain, demain.. hum.. demain je tiens parole, je te ramène au bercail. Hum ? Ou bien tu peux me dire.. et bien pourquoi tu es là… » il se laisse aller à venir saisir le lobe de son oreille entre ses dents, sans y mordre, juste pour appuyer son idée « et faire ce pourquoi il t’a envoyée. Hum ? Et demain je te ramène au bercail mais tu pourras dire que tu as essayé. Hum ? La conscience tranquille. Hum ? »

Il est peut-être allé trop loin, Alfie. Il le sait. Mais il n’est pas un animal, pas vrai ? Si elle le repousse, il n’insistera pas. Mais elle ne le repoussera pas, pas vrai ? Parce qu’il a vu juste, Alfie, et ça aussi il le sait.


--- X ---

Il va te briser la nuque. Te broyer le crane. Te réduire les os en miettes et abandonner ton corps dans un fossé où les gars de Tommy pourront le trouver. Tu vas servir de message pour sûr, mais tu commences à douter d’avoir besoin d’être en vie pour ça. Peut être que c’est ce que Tommy voulait, une excuse pour déclarer la guerre une bonne fois à Alfie Solomons et mettre un terme à cette relation étrange de meilleurs ennemis, de plus terrible allié. Tu vas lui être utile d’une façon ou d’une autre, il sera fier de toi et… ton raisonnement s’arrête là, intoxiquée que tu es par la proximité soudaine avec la brute qui t’immobilise, subjuguée par ses mots. Par le choix qu’il te laisse. C’est l’instinct e survie peut-être, ou peut être que Tommy a eu raison de te faire confiance après tout et que tu as toujours eu en toi la diablesse manipulatrice à l’esprit acéré qu’il semble croire que tu es, ou peut-être est-ce les deux à la fois ; mais tu te refuses une fois encore à baisser les bras si vite. Et là, à la merci du colosse qui te retient toujours, tu fomentes un ultime mensonge. Un baroud d’honneur pour tenter une dernière fois de parvenir à tes fins.

Lentement, gestes calculés et méthodiques, tu viens poser ta main libre sur celle qui enserre ta mâchoire. Tu affiche ton plus beau sourire ravageur. Tu choisi ton masque pour cette dernière manche. Tu deviens la femme fatale, la séductrice dangereuse qu’il croit avoir percée à jour. Et tes doigts caressent méticuleusement son poignet pour l’inciter à lâcher prise.


« Bas les masques alors. Puisqu’on en est là, autant aller droit au but. » à ton tour, tu  susurres à son oreille « Oui, il y avait bien une arrière pensée derrière ma visite, mais Thomas Shelby n'a rien à voir là dedans. À peine était-il le déclencheur d'un plan qui est le mien.»

Réprimant la nausée que cette proximité te provoque, tu joins le geste à la parole en posant un baiser sur sa joue, t'efforçant de faire abstraction les cicatrices qui recouvrent sa peau. Cette chose et elle contagieuse ou n'est-ce que le souvenir d’une maladie enfantine qui aurait été mal traitée ? Qu'importe, il est déjà trop tard pour y songer, trop tard pour faire demi-tour. Et comme il grogne une fois de plus et que tout ton corps vibre en écho au vibrato qui est le sien, tu sens ses doigts lâcher ta mâchoire pour glisser sur ton cou. Il ne serre pas. Il ne profite pas de l'avantage indéniable que son imposante carrure lui donne sur ta fragile silhouette. Il se contente de promener ses doigts sur ta peau.

« Hum?»

« Il n'avait réellement qu'un message à confier. Pour m'éloigner. C'est qu'il s'est trouvé une nouvelle conquête voyez-vous. Une qui lui ressemble plus. Et vous...» ton nez nargue le sien un bref instant, tu te forces à garder tes lèvres à portée des siennes, invitation silencieuse que tu lui offres en le provocant encore un peu « Je veux le rendre jaloux et vous, Mr Solomons, vous êtes tout désigné pour me servir de complice. Si... si toutes fois passer dernière lui ne vous pose pas de problème.»


--- Alfie---

Il a eu du mal à se concentrer sur les mots, Alfie, trop occupé qu'il était à se retenir d'arracher sa robe pour mieux planter ses dents à sa chair. Elle veut rendre Tommy jaloux, c'est une forme de trahison ça, pas vrai?

« C'est un homme dangereux, ton patron, c'est un jeu dangereux... »

« Vous êtes un homme dangereux aussi, Mr Solomons, et pourtant me voilà, à flirter avec... le danger.»

Un danger dont elle n'a encore pas idée. Elle doit sans doute penser qu'il n'est pas bien différé des brutes qu'elle a du déjà fréquent en, pas vrai ? Mais il n’est pas comme les autres, Alfie. Ah ça non ! Il a ses manies, ses habitudes, comme il les appelle. Elle ne sait pas dans quoi elle s’engage, la demoiselle, mais il n’a pas le droit de refuser une invitation pareille, pas vrai ? Elle a l’air décidée, elle n’aurait pas fait tout ça, pris le risque de lui mentir, de l’énerver, pour rien, pas vrai ? Alors d’un seul geste, il remonte sa main de sa nuque trop fragile à l’arrière de son crâne et il vient écraser ses lèvres sur celles de l’audacieuse insouciante. Il n’a pas besoin d’être tendre, pas vrai ? Elle veut se venger, elle ne cherche pas un romantique. Et ce baiser, il n’a rien de romantique. Oh ça non. Il est violent, dents contre dents, il est sauvage, bestial. Parce qu’il est comme ça, Alfie.  De sa main libre, il descend le long d’une jambe pour mieux remonter selon le même parcours, entrainant au passage tout le tissu de sa robe, ne s’arrêtant par endroit que pour mieux presser ses doigts sur sa cuisse, pour y laisser une emprunte. Elle fait mine de vouloir reprendre son souffle mais il n’a pas envie de lui laisser l’occasion de revenir sur son choix. Pas tout de suite. Ce serait du gâchis, pas vrai ? Et Alfie, il n’aime pas le gâchis. Alors il la fait taire. Il poursuit ce baiser brutal, sa langue explorant chaque recoin de sa bouche avant de finalement renoncer à s’asphyxier de la sorte.

Mais il ne la lâche pas pour autant, il la force à rester là, son front contre le sien. Il affiche un rictus carnacier, victorieux. Parce qu’il est des choses qu’on ne peut pas feindre, pas vrai ? Elle ne peut pas tricher avec ça, pas vrai ? Et ce que ses doigts viennent de decouvrir à présent qu’ils se sont figés là où ses cuisses se rejoignent, il ne se prive pas de relever combien ça lui plait.


« C’est ta came hum Sucre d’Orge ? Les hommes dangereux. Hum ? Ca te plait d’être une poupée de chiffon à la merci d’une brute. Hum ? Regarde moi. Regarde moi comme tu le regarderais lui. Hum. Là. Est-ce qu’il t’a déjà vu dans cet état, hum ? Hum ? »

--- X ---

Il te laisse reprendre ton souffle mais ne t’offre aucun répit pour autant, ses doigts noués dans tes boucles défaites, sa prise ferme et sans appel. Ton mensonge pourrait te couter cher, très cher, et tu en prends parfaitement conscience à présent qu’il pose cette question à laquelle tu n’as pas de réponse. Alfie fucking Solomons n’en a rien à faire, de ta prétendue revanche, il n’y voit qu’un moyen de plus d’entrer en compétition avec son plus cher ennemi. Tu aurais dû prévoir. Tu aurais du t’en douter, et pourtant, pourtant tu t’es engouffrée dans cette brèche sans réfléchir. Tout comme ses doigts trop curieux et déjà trempés de tout ce désir que tu ne peux plus cacher s’engouffrent sans préavis entre tes cuisses. Pour toute réaction, tu te cambres, tu étouffes un cri de surprise dans une inspiration à t’en faire exploser les poumons. Et puisqu’il te l’a demandé, puisqu’il te force à soutenir son regard, tu plonges dans ces prunelles folles qui te fixent en silence. Mais ce n’est plus sa sauvagerie que tu y lis. Tu n’y trouves que ton propre reflet, que l’image terrifiante de ce que cet homme qui te répugnait il y a quelques instants est en train de faire de toi et de la façon dont ton corps te trahi. Comment diable en es-tu arrivée là ? Ce n’est pas Tommy. C’est l’homme qui l’a déjà trahi deux fois. C’est l’homme qui a manqué de le faire tuer, de faire tuer son fils. Tu n’as pas le droit de prendre plaisir aux caresses qu’il t’impose. Tu n’as pas le droit de gémir comme tu le fais quand son pouce trouve ce lobe de chair si sensible non loin de là où ses doigts te torturent si délicieusement. Il est rustre, brutal, violent même, il empeste le rhum, ses mains sont caleuses, trop rudes sur ta peau si sensible, il te fait peur, chacun de ses mots, de ses regards, te glacent le sang, et pourtant… et pourtant tu en veux plus. Et tu te hais pour ça. Ce n’est pas Tommy. C’est une bête sauvage à laquelle tu n’as plus la force de résister plus longtemps.

Et comme si ton être tout entier finissait de trahir ta volonté, voila que tu laisses échapper un gémissement, une plainte, quand il cesse de jouer avec toi pour te repousser violement sur le lit. Si tu t’en étais offusqué, tu aurais pu plaider un élan de fierté, mais c’est de frustration que tu viens de couiner et tu sais qu’il a su faire la différence.  C’est peut-être un dernier sursaut de clarté qui te fait tenter de te redresser sur les avants bras. Pour ne pas rester à plat ventre, à sa merci, parce que lui faire face, c’est garder un minimum de contrôle, c’est pouvoir anticiper au moins une partie des idées tortues qui lui traverseront l’esprit. Mais tu le sous-estimais bien trop.


« Non. »

Un simple mot. Il n’a besoin que d’un simple mot pour te stopper dans ton élan et cette effroyable réalité te glace le sang autant qu’elle ravive la chaleur brulante qu’il avait fait naitre dans ton bas ventre.  Avec cette même bestialité dont il a fait preuve qu’alors, il te tire par une cheville pour te placer comme il l’entend sur le matelas et avant que tu n’ais pu imaginer émettre la moindre objection, ta robe est relevée sur tes hanches et ta croupe et tes cuisses mises à nues.

« Hum ! »

Nouveau grognement satisfait dans ton dos. Et comme tu crois deviner ce qui va suivre, comme tu te prépares déjà à subir une saillie digne de la bête féroce qu’il est, il te surprend une fois de plus. Et cette fois, lorsque que sa main vient claquer sans ménagement à la chair tendre de ta croupe, tu ne peux retenir un cri de douleur. Puis un second quand il te saisi par les cheveux après avoir bondit sur le lit, t’écrasant sous son poids.

« Je sais pas avec combien de femmes il t’a trahi. Ça me regarde pas. Hum ? Mais toi, tu te venges avec moi. Hum ? J’aime trop Tommy pour fermer les yeux. Tu comprends ça, hum ? Hum ? Je suis obligé te faire regretter de le trahir comme ça avant de te laisser savourer ta vengeance. Hum ? Tu comprends ? Hum ? »

Imprévisible. Dangereusement détraqué. Détraquée, tu dois l’être aussi, puisque si la douleur et la honte font déjà couler tes larmes, ce nœud au fond de ton ventre, cette irrépressible besoin de sentir ses mains sur ta peau à nouveau, cette aura enivrante qui émane de lui, te font hocher la tète avec empressement. Et il y a ce mot, cette promesse. Savourer…

« Punissez-moi si vous voulez, mais vite. »

Ta voix aussi s’est mise à te trahir, s’exprimant avant que ton esprit n’ai pu peser les conséquences des mots. Et tu vibres toute entière avec cet énième grognement qu’il émet avant de lâcher ta tignasse pour assener deux claques sonores sur ta peau et te faire crier à nouveau. Imprévisible. Comme le contraste effrayant de ces coups qu’il te porte et de la tendresse incompréhensible du baiser qu’il dépose là où sa main a meurtri ta peau. Tu perds bientôt le compte dans cette alternance étrange. Ses mains violentes et ses lèvres attentionnées. Et quand ses dents viennent parfaire la torture délicieuse qu’il t’inflige en mordant sèchement à ta croupe, ce n’est pas une plainte douloureuse que tu laisses échapper, mais bien un gémissement de plaisir. Un plaisir coupable que tu as honte de savourer.

--- Alfie ---

Elle est formidable, pas vrai ? Elle n’a pas flanché. Elle l’a laissé faire. Elle a accepté sa folie toute entière, sa rage, sa violence, elle a tout supporté sans se débattre. Mieux encore, elle y a pris autant de plaisir que lui. Peut-être est-elle aussi folle que lui. Tommy doit être fou, lui, pour avoir laissé une perle comme ça lui échapper, pas vrai ? Et ce soir elle est à lui, à lui seule. Pas à Tommy, à lui, Alfie. Si ça le dérange de passer après lui ? Pas le moins du monde si c’est de lui qu’elle se rappelle au bout du compte. C’est ça qui compte, pas vrai ? Alors du bout des doigts, il caresse doucement la trace écarlate que ses dents ont laissé dans sa chair. Il admire le contraste qui se dessine sur sa peau là où ses mains ont imposé leur empreinte.

« Hum ! »

Satisfait, il se redresse pour mieux se défaire de ce pantalon où il se sent bien trop à l’étroit. C’est son tour. Leur tour. A elle. A lui.

« Tommy est vengé. A toi. Hum ? »

D’une main glissée sous son ventre, de l’autre guidant son membre engorgé de tout le désir qu’il ne veut plus contenir, il la redresse et s’engouffre tout entier en elle d’un seul mouvement. Il n’a pas besoin de perdre du temps en tendresse, pas vrai ? Si elle a su apprécier le reste, elle ne lui reprochera pas la bestialité primaire dont il fait preuve, pas vrai ?  Et quand bien même, il en a trop envie, Alfie. Lui qui était déjà fou, elle a fini de lui faire perdre la raison. Elle est trop parfaite. De la courbe de ses hanches sous ses doigts, au timbre de ses râles comme il la besogne sans pitié, de la chaleur de son ventre à la cambrure de ses reins comme il la sent proche de l’extase où il l’a menée. Parfaite. Il y a longtemps qu’il n’avait pas eu une fille comme ça sous les doigts, Alfie. Longtemps qu’il n’avait plus eu envie de donner autant que de prendre.

« Viens là. »

Qu’il souffle en empoignant une épaisse touffe de cheveux roux pour la redresser contre dans un coup de reins plus puissant que les précédents. Contre lui, elle ne pourra pas tricher, pas vrai ? Parce qu’il veut la sentir frissonner de tout ce qu’il lui donne, Alfie. Il veut s’assurer qu’il ne rêve pas. Que ce petit bijou qu’il dérobe à son vieil ami est totalement soumis à ses caprices, conquise par ce qu’il est, ce qu’il est vraiment. Il veut chérir ce corps pour briser l’esprit avant de la lui rendre. Il veut qu’elle soit incapable d’apprécier les caresses du diable Shelby sans se remémorer les siennes. Il la force à se contorsionner pour croiser son regard. Les yeux ne mentent pas, pas vrai ? Pas ceux là en tout cas. Pas maintenant. Elle ne saurait feindre toute la luxure qui y dance à l’instant, pas vrai ?

« Tu savoures ta vengeance, Sucre d’Orge. Hum ? Je veux t’entendre. Je veux que tu clames haut et fort qui ta permis de la savourer. Hum ? »

Lui. Juste lui. Elle est à lui.

--- X ---

Sucre d’Orge. Ton esprit embué de ce plaisir sauvage qui menace de te dévorer tout le corps analyse ces mots de la manière la plus perverse qu’il soit. Tu donnerais cher pour entendre Tommy les prononcer, ces mots. Et c’est son nom que ton cœur voudrait prononcer pour toute réponse à la provocation de l’homme qui te possède à présent. Alors tu ne prends pas le risque de te trahir. Tu ne laisses filer qu’un mot entre tes râles. Un seul.

« Vous ! »

« Hum ! »

Et pour faire taire ses doutes et les sentiments qui pourraient te confondre, tu viens lui prendre un baiser. Tu t’efforces d’être aussi bestiale qu’il l’a été tantôt, tu lui cèdes ce qu’il te reste d’humanité pour ce soir, tu mords sa lèvre, tu te surprends à te délecter du gout de son sang sur ta langue, à l’inciter à te répondre avec autant de fièvre. Il récompense ton initiative d’une main habile glissée entre tes cuisses pour accompagner les mouvements amples de ses reins et ce contact signe la douce mise à mort de ta raison.

--- Alfie ---

Elle est brisée, épuisée, un pantin désarticulé entre ses bras après les spasmes violents du plaisir qui l’ont secouée. Jamais Tommy n’a du lui en donner autant, pas vrai ? Il l’a suivie de près, emporté dans son élan par la délicieuse contraction de son ventre sur son membre.  Et repu, satisfait, il renvoi la bête au fond de sa cage, il se refait tendre. Parce qu’elle le mérite, pas vrai ? Elle a été parfaite. Il accompagne ce corps si fragile avec une précaution méticuleuse, le dépose doucement sur le lit. Il chasse du bout des doigts les mèches de cheveux volages qui lui barrent le visage. Elle est magnifique, pas vrai ? Alors pourquoi ne se laisserait aller à poser un baiser plus tendre sur sa tempe ? Ça ne l’engage à rien, Alfie, ça ne veut rien dire, un baiser, pas vrai ? D’autant qu’à peine se laisse il aller à céder à cette pulsion-là, à peine ses lèvres effleurent elle sa peau, qu’il est déjà debout. Sans un mot, sans un regard de plus, il quitte la chambre en la laissant seule profiter de la douce quiétude de l’état second où le plaisir la plongée. Elle n’avait besoin de lui que pour y arriver, pas vrai ? Elle n’a pas besoin qu’il reste, pas vrai ? Et puis il n’est pas de ce genre-là, Alfie. Il n’est pas de ces romantiques ridicules qui se laisseraient aller à une étreinte amoureuse. Ce n’est pas ce qu’elle veut. Elle voulait du plaisir, elle l’a eu, le reste… si Tommy veut s’en charger, elle est toute à lui. Elle est… non. Elle n’est plus à Tommy. Elle n’est pas à lui non plus, il ne la possédera pas plus que ça, Alfie. Si elle s’offre à nouveau, il prendra. Mais il ne compte posséder personne. Parce qu’il sait qu’au bout du compte, c’est elle qui le possèdera. C’est toujours elles qui vous possèdent au final. Le voilà qui se mord la lèvre, Alfie. Il fronce les sourcils. Il hésite. Elle est inoffensive. Elle aime encore l’autre abruti, pas vrai ? Alors il se ravise, il revient se lover contre elle. Après tout, il n’aurait rien contre un peu de compagnie cette nuit. C’est qu’il fait froid dans sa chambre. Et elle, il ne voudrait pas qu’elle ait froid non plus. C’est qu’il doute que Tommy apprécie qu’il la lui rende avec une pneumonie. Mais tout ça, ce sont des excuses, pas vrai ?

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Redhairedmoira
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Re: Peaky Blinders - Partie 1

Message par Redhairedmoira le Sam 16 Déc - 15:27


--- Tommy ---

Tirant sur le mégot presque déjà mort entre ses lèvres, il jette un énième regard par la fenêtre. Il n’osera pas refuser son petit marché. Il n’osera pas mettre sa précieuse cadette en danger. Il viendra. Les hommes sont si faciles à manipuler. Les femmes tout autant. Il existe une faiblesse commune à toutes les âmes à sa portée, une faiblesse dont il a fait les frais lui-même. Plus d’une fois. Perdre Grace l’a rendu fou, lui a fait perdre pied tout à fait pendant un temps, et remonter la pente... oh, pour autant qu’on soit assez naïf pour croire qu’il a réussi. Non. Loin de là. Il a manqué de perdre Charlie aussi. Son fils. Sa propre chair. La peur l’empêche encore de dormir, certains soirs, elle lui noue encore les entrailles comme un poison violent. Alors cette même peur, il n’a pas le moindre remord à s’en servir pour parvenir à ses fins. Pour (x/n), c’était différent. Il n’a pas eu besoin de menacer qui que ce soit, de mettre la vie de quiconque dans la balance. Il n’a eu qu’à lire entre les lignes, à analyser ses regards, et à lui en retourner certains. Il aurait presque honte de se servir de la sorte des sentiments de la jeune femme, presque. Parce que la honte, le remord, il les a oubliés depuis longtemps. Il n’est plus qu’une coquille vide depuis que l’ange blond qui veillait sur lui lui a été enlevé et rien de ce qu’il a tenté jusqu’ici n’a su lui redonner envie de retrouver figure humaine. Il est ce diable de Shelby ? Un démon froid et calculateur ? Soit. Ça lui va très bien.

Mais c’est aussi pour cela qu’il est ravi d’avoir vu une occasion comme celle-ci se présenter. Parce qu’il a besoin d’un type comme (t/n), assez solide pour ne pas être brisé trop facilement, assez faible pour être maniable à souhait. Et se servir de sa sœur comme d’une carotte au bout d’un bâton n’était qu’une étape de plus. Deux lièvres avec un seul collet, et il a encore quelques coups d’avance. Le bruit de l’auto dans l’allée lui fait jeter un nouveau coup d’œil derrière les rideaux, puis à sa montre. Ponctuel. Ni en avance, ni en retard. Brave petit soldat. Quoi qu’il le devine probablement plus terrorisé à l’idée qu’il puisse arriver quelque chose à sa sœur que mue par la loyauté qui le caractérisait jusqu’ici. Il n’a pas abandonné l’idée de cultiver les deux, comme deux faces d’une même pièce, mais il sait qu’il lui faudra un peu de temps pour tisser le lien qu’il compte établir entre eux.  Et c’est avec toute la prestance que la plupart des gens attendent de lui qu’il l’attend, assis à son bureau, une cigarette neuve entre les lèvres, les doigts tapotant légèrement sur le meuble. Il a son plan, soigné, savamment orchestré, comme toujours.


--- Y ---

Cette convocation, tu l’attendais avec cette hantise croissante d’un condamné dans l’attente du bourreau. Elle est partie il y a cinq jours, par bateau, comme tous ses messages. Cinq jours. Elle devrait être arrivée hier dans l’après-midi, ou dans la soirée. Tu espérais un coup de fil de sa part, les hôtels londoniens ont bien ce genre de choses, ou même un télégramme, n’importe quoi qui puisse te rassurer.  Rien. Sans doute le démon qui l’a envoyée là-bas s’est-il assuré d’être le seul à pouvoir te fournir les informations que tu voudrais entendre, ou celles que tu voudrais ignorer. Pour mieux s’assurer de ton indéfectible loyauté. Mais tu n’avais pas besoin de ça. Il n’avait pas besoin de te la prendre pour t’empêcher de le trahir. Jamais, ô grand jamais, l’idée ne t’aurait effleuré l’esprit, alors quoi ? Quelle est donc la chose qu’il a besoin que tu fasses pour lui et pour laquelle il prend tant de précautions.

Tous ces doutes te torturent l’esprit comme tu suis la gouvernante qui te conduit à son bureau et bien que tu ais toujours crain ces entrevues, pour la première fois, c’est la peur qui te noue les tripes comme tu franchis la porte.


« Merci Frances. Vous pouvez disposer. Non attendez…. »

Tu l’observe se lever, fouiller quelques papiers sur son bureau, puis enfiler ces lunettes qui pourraient presque le faire passer pour un homme d’affaire respectable si tu ne le connaissais pas un peu mieux. Un bref instant, son regard croise le tient. Un regard empreint d’une malice étrange qui précède généralement ses brillantes idées et toi, tu sens ton cœur louper un battement en entendant la suite.

« Faites envoyer quelqu’un en ville pour transmettre ce télégramme. Pour Camden Town. Pour Mr Solomons. Attends une réponse à ma question. Si positif venir avec le messager. Ce sera tout. Non attendez… »

Ce message te glace le sang. Le messager, tu as déjà deviné qu’il s’agissait de (x/n), et s’il formule le message de la sorte, dieu seul sait comment l’autre fou l’interprètera. Aussi lui adresses tu un regard terrifié avant de t’apprêter à protester mais il te devance.

« Non, c’est stupide. Il faut qu’il me le renvoie, ce messager, que ce soit positif ou non. Si positif venir avec le messager. Si négatif…. » il te fixe un instant, un léger rictus amusé au coin des lèvres, comme pour te narguer, puis il termine « … me rendre ma secrétaire. Ça ira comme ça. Merci encore Frances. Oh et autre chose… il fait un temps superbe, vous devriez emmener Charlie au jardin. »

Elle semble hésiter, vous observant tour à tour, mais elle ne dit rien, elle se contente d’acquiescer avant de quitter la pièce. Refermant derrière elle. Elle doit avoir compris que vous alliez parler affaires, de ce genre d’affaires dont elle ne veut pas entendre parler et dont elle a pour mission de garder le gosse éloigné. Ce qui t’inquiète toi, c’est la façon dont il semble prendre tout à la légère. Comme si de savoir ta cadette à la merci d’un traitre potentiel ne le dérangeait pas le moins du monde. Alors tu oublies tout ce qui te restait de prudence.

« M’sieur ! Vous ne pouvez pas faire ça ! Qu’est ce qui vous dit qu’il va la laisser partir si facilement si votre proposition ne lui plait pas ? Pas que j’ai l moindre idée de ce que vous avez en tête, m’sieur, je vous fais confiance, mais lui, lui il est fou, vous l’avez dit vous-même et… »

A ta grande surprise, là où tu craignais qu’il s’emporte en te voyant lui tenir tête, il t’ignore, allant simplement chercher la large carafe posée sur un buffet à l’autre bout de la pièce et remplissant deux verres sans t’accorder un regard.

« M’sieur…. Dites moi au moins qu’elle n’est pas seule. M’sieur ? »

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--- Tommy ---

Il lui fait confiance. Tient donc. En voila une nouvelle rassurante. Et un avantage indéniable qu’il saura exploiter, là-dessus il n’y a pas de doutes à avoir. Mais une chose à la fois. Il le tient au bout de sa ligne comme un poisson qu’il compte bien ferrer dans les règles de l’art. L’autre soir, il n’avait pas touché au verre qu’il lui avait offert, lui refera il le même affront aujourd’hui ? Il en doute. Il ne connait qu’un homme, un seul, pour refuser un verre, même sous la torture, et c’est l’homme à qui il vient d’écrire. Le seul homme au monde à distiller du rhum sans jamais toucher une seule goutte d’alcool… tout un paradoxe, Alfie Solomons. Un paradoxe dont il compte bien tirer une grande partie du pouvoir qu’il a sur sa proie d’aujourd’hui.

« Whisky ? Bien sûr que tu vas boire avec moi. Vois-tu, un homme m’a dit un jour… » et tout en parlant, il vient lui tendre le verre en question, attendant patiemment qu’il le prenne « .. le rhum, c’est pour baiser et faire la fête. Le whisky en revanche.. le whisky c’est pour parler affaires. Chance pour ta sœur que l’homme en question n’en boive pas, de rhum. »

Oh il sait très bien ce que cette petite pique aura comme effet et il compte là-dessus pour asseoir encore un peu plus sa domination sur le type tétanisé en face de lui. Et une fois que ce dernier a accepté son whisky, prenant le verre avec précaution comme s’il pouvait lui exploser entre les doigts, il sa s’adosser à son bureau et porter un toast.

« Au whisky donc. Et aux affaires. »

--- Y ---

Tu as entendu bien des rumeurs déjà, sur le roi fou de Camden Town, suffisamment pour savoir que c’est de lui qu’il parle et pour comprendre l’allusion peu discrète à ce que risquerait (x/n). Et si tu sais ta sœur suffisamment maligne pour ne pas se faire prendre au piège de quelques verres, tu sais aussi que l’autre n’a pas volé sa réputation de fou imprévisible. Thomas Shelby aussi est imprévisible. Mais il n’est pas fou. Il ne fait jamais rien qui n’ai une conséquence qu’il n’aurait pu anticiper. Il serait bon aux échecs, ton patron, très bon, tu en as la certitude. Et c’est ce qui le rend dangereux.  Ainsi, bien que tu te resignes à trinquer avec lui, tu ne parviens pas à faire taire les doutes qui te hantaient tantôt.

« Aux affaires Mr Shelby ? Quelles affaires ? Pourquoi elle Mr Shelby ? J’aurais pu le faire moi. Transmettre vot’ message et tout. »

« Parce qu’il a trop d’honneur quoi qu’il en dise pour s’en prendre à une femme, quand bien même le message ne lui plairait pas. »

« C’est donc qu’elle ira bien ? Elle ne craint rien, c’est ce que vous êtes en train de dire ? »

C’est du moins ce que tu espères lire entre les lignes. Mais tu n’es pas aussi doué que ta sœur pour ça et tu crains de t’être trompé. Surtout lorsqu’il penche la tête de côté, comme pour mieux réfléchir à ce qu’il va te répondre.

« Quelles affaires Mr Shelby ? Qu’est ce qui pourrait justifier de la mettre en danger comme ça, elle vous a toujours été loyale, depuis qu’on est arrivés, elle… »

« Toi. »

La réponse est tombée comme un couperet. Un point final à tes questions autant qu’une entête à toutes celles qui en découlent. Toi ? Cela rejoint ces mots étranges de l’autre soir, quand tu disais être prêt à tout pour la garder en sécurité. Bon à savoir, avait il dit.

« Moi ? Mais je… vous ne pensez tout de même pas que j’aurais pu faire quoi que ce soit contre vous ? Vous n’avez pas besoin de vous servir d’elle pour vous assurer une loyauté qui vous est déjà acquise, vous… »

« Non, j’ai besoin de ton silence pour être honnête. Vois ça comme.. une assurance à long terme. En l’envoyant là-bas, je me suis assuré d’avoir une raison de me débarrasser d’elle si tu oublies de tenir ta langue.»

Le verre t’échappe des mains et va se vider sur le tapis. Trahison. C’est donc ce qu’il avait en tête, préparer le terrain pour l’accuser elle de trahison si jamais lui il le déçoit.

« Mon silence… »

Tu annones ces mots sans les comprendre. De quoi parle-il. Il n’y a rien dont tu puisses être au courant toi, en particulier, qui justifierait de telles précautions de sa part. rien que tu ne puisses révéler à ses ennemis que d’autres ne sachent déjà, et avec bien plus de détails. Tu n’es qu’une petite frappe, un homme de mains secondaire. Un pion à peine.

« Mon silence ? Je ne comprends pas Mr Shelby ? »

Il hoche la tête sans un mot, pour te signifier qu’il sait déjà que tu n’as pas toutes les informations nécessaires, puis il pose son verre et sort une nouvelle cigarette avant de t’en proposer une. Tu l’acceptes, trop perturbé pour être méfiant, trop bouleversé pour refuser ce maigre réconfort. Il t’aide à l’allumer, te tendant son allumette après l’avoir utilisée, puis il vient se planter à coté de ta chaise, une main sur ton épaule. Il t’a toujours inspiré cet inquiétant mélange de respect et de peur. Ce savant dosage entre son aura glaciale et le magnétisme effrayant qu’il dégage. Mais tu n’aurais jamais cru que ce simple geste puisse les accentuer à ce point.

--- Tommy ---

Son plan prend forme, en abatant ses cartes une à une, méthodiquement. Le poisson a déjà la tête hors de l’eau. Il ne lui faut plus que quelques derniers efforts méticuleux pour le remonter tout à fait. Mais ce sont ces derniers atouts là qui risquent d’être les plus dures à jouer.

« J’ai épuisé toutes les autres options, (y/n). » il parle d’une voix lasse, il se veut mystérieux autant que précis, il faut qu’il comprenne tant le sens que les répercutions « Rien n’y fait. Vingt-neuf. Je les ai comptées. Vingt neufs des plus talentueuses. Aucune n’est parvenue à me donner envie de recommencer. Aucune. Pas une seule sur vingt-neuf.  Et chères qui plus est. Il n’y a qu’une chose que je n’ai pas encore essayé. »

Il crispe légèrement sa main sur l’épaule de son interlocuteur, espérant qu’il comprenne sans qu’il n’ai besoin de formuler avec des mots cette requête qu’une part de lui a honte de formuler. Il n’a de comptes à rendre à personne, il est Thomas Shelby, ce diable de Thomas Shelby, mais il a trop longtemps lutté contre cette idée pour oublier les arguments que lui oppose sa conscience.  Aussi lui laisse il le temps d’assimiler tout ça, de lire entre les lignes, si tant est qu’il en soit capable.

--- Y  ---

Vingt-neuf quoi ? Filles probablement. Il doit parler des filles qu’il a payée pour essayer d’oublier sa femme. Tu n’as pas eu la chance de la connaitre, tu sais simplement qu’elle était la prunelle de ses yeux et qu’il a beau être resté un requin quand il s’agit des affaires, il n’est plus que l’ombre de lui-même une fois le seuil de cette maison franchis. Tu le respectes pour ça aussi, pour cette facilité qu’il a à donner le change, à sauver les apparences. Et ce sont ces mêmes apparences qu’il veut maintenir si tu as vu juste. Mais comment pourrais-tu lui poser la question ? si tu te trompes, si tu as mal interprété ses propos, il t’abattra probablement sur le champ. Non. Il fera envoyer un autre télégramme à Londres. Non. Il attendra qu’elle revienne pour lui coller une balle entre les deux yeux en te forçant à regarder. Tu ne peux pas formuler ta phrase. Et pourtant, son silence parle pour lui. Il attend de voir si tu as compris. C’est une position plus que délicate dans laquelle sa confidence vient de te mettre et il le sait. Mais tu n’a spa sle choix…

« Et vous voulez… mon silence, c’est pour que je vous trouve des.. alternatives ? C’est ça Mr Shelby ? »

Des alternatives. Tu te félicites intérieurement d’avoir trouvé cette pirouette pour t’échapper du piège dans lequel il t’avait acculé. Tu espères avoir vu juste autant que tu crains d’avoir fait mouche. Thomas Shelby… et des alternatives… Pas étonnant qu'il veuille s'assurer ton silence.

« Pas exactement, (y/n).. pas exactement… »

Il baisse les yeux dans ta direction et tu sens ses pupilles pales braquées sur toi, te sonder jusqu’à l’âme comme celles du diable qu’on le prétend être. Sa main quitte ton épaule pour venir effleurer ta joue et suivre la ligne de ta mâchoire avant de s’arrêter sur ton menton, son pouce caresse un instant ta lèvre et tu comprends avec effroi ce qu’il avait derrière la tête depuis le début.

« Je veux que tu sois mon alternative. »

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--- Tommy ---

Il contemple le résultat produit par cette annonce sans pouvoir retenir un léger rictus amusé autant qu’agacé. L’autre était déjà pétrifié à l’idée qu’il puisse faire tuer sa précieuse petite sœur, voila qu’il est tétanisé à l’évocation de cette nouvelle option. Allons, ce n’est pourtant pas si dramatique, tant qu’il tient sa langue et que personne n’en apprend jamais rien. C’est pour cela qu’il lui fallait s’assurer son silence. C’est l’unique condition à remplir pour que tout se passe bien. C’est aussi pour cela qu’il le laisse mijoter encore un peu, retourner l’idée dans sa tête, le temps qu’il aille donner un tour de clef à la porte de son bureau. Il ne manquerait plus que la gouvernante ne revienne avant qu’il n’ai terminé. Ce n’est qu’une fois qu’il s’est assuré que personne ne viendrait les déranger qu’il retourne vers la chaise où son… invité… est toujours prostré. D’une main, il hésite avant de venir finalement ébouriffer la tignasse sombre de la créature terrorisée. Il sursaute, l’autre, il manque de tomber de sa chaise. Il le fixe avec de grands yeux bruns noyés d’effroi. Alors lui, il passe à l’étape suivante, il change de jeu, joue des cartes plus rassurantes, donne un peu de mou à sa ligne.

« Allons… elles n’en sont pas mortes, les vingt-neuf dont je parlais. Je ne serais pas différent avec toi, je crois. Et puis ce n’est qu’une expérience, rien ne dit que je serais capable d’avoir envie d’aller au bout des choses. »

« Mais je suis pas.. j’ai jamais.. »

« Je le sais très bien. Et moi non plus. C’est le principe et c’est le but, (y/n). Une nouvelle expérience, une dernière tentative désespérée pour retrouver un peu de plaisir à la chose.»

Il n’est pas sot au point de croire que ça pourrait suffire à le calmer, mais ces choses là devaient être dites. Si l’expérience n’est pas concluante, il se resignera à retourner payer des filles ou accepter celles qui se collent à lui. Il donnera le change, comme pour le reste. Ce qui l’effraye lui en revanche, car quoi qu’on en dise il est bien des choses qui effrayent Thomas Shelby, c’est qu’à la simple évocation de tout ceci il commence déjà à se sentir à l’endroit sous le tissu de son pantalon. Alors il se racle la gorge, il essaye de ne pas s’attarder sur ces deux pupilles sombres qui le supplient en silence, sur ces lèvres encore entre ouvertes de surprise qu’il se voit déjà malmener. Mais à présent que la boite de Pandore est ouverte, il est trop tard pour faire demi-tour, et il en a parfaitement conscience. Alors avec la même délicatesse qu’il y mettrait s’il s’était agit d’une femme, il vient lui retirer des mains le mégot qui menaçait de lui bruler les doigts comme il l’avait oublié, et il lui glisse deux doigts sous le menton pour poser un baiser bref à ses lèvres.

« Tu vois, ce n’est pas différent. »

Bien sûr que si ça l’est. Et c’est encore une fois le but de la manœuvre. Son poisson enfin sur la berge, il n’a plus qu’à le vider méthodiquement pour en tirer le maximum…

--- Y ---

Tu aurais donné cher pour t’être trompé. Pour avoir compris de travers. Et une part de toi à beau chercher à te convaincre que tu devrais prendre ça comme un honneur, qu’il t’as sciemment choisi et qu’il a ses raisons, tout le reste de ton être se prend à regretter de ne pas être né borgne ou manchot, ou boiteux, ou même carrément difforme. Pour n’avoir jamais attiré son attention. Ce baiser te glace le sang. Il lève tout ce qui aurait pu planner de doutes sur le sérieux de cette histoire et tu sens t’envoler tous tes espoirs de te réveiller de ce mauvais cauchemar. Mais c’est elle ou toi. Ou quelque chose dans ce gout-là. Ta dignité contre la vie de ta sœur. Et cet homme que tu voyais comme un monarque sévère mais juste, devient tout à coup un tyran sans honneur à tes yeux. Tu le respectais plus que tu le craignais, c’est à présent tout l’inverse. Mais il faut des deux pour régner, c’est le peu que tu as retenu du peu que tu sais du peu d’histoire qu’on a tenté de t’apprendre. C’est peu, mais ça suffit.

Et comme il se tient de nouveau debout devant toi, comme sa main a recommencé à jouer dans ta crinière, tu sais qu’il ne te reste plus qu’une chose à faire. Subir. Ta dignité est si peu de chose contre sa vie à elle. Mais subir seul ne suffira pas. Il veut une alternative à ces filles, pas un bibelot sans volonté. Et puisque tu dois faire une croix sur ta dignité, tu ne retiens pas tes larmes lorsque tu te résous à tendre une main, puis la deuxième, vers les boutons de son pantalon. A la façon dont son pouce caresse ta joue, tu veux croire qu’il tiendra sa promesse, qu’il sera aussi respectueux qu’il peut l’être de ces donzelles qui ont occupé ses nuits ces derniers mois. Si seulement ça pouvait suffire à te rassurer. Mais c’est tout juste suffisant pour te donner assez de courage pour libérer son membre à demi réveillé.


« Je ne peux pas… »

« Chhhh.. si tu peux. A ton rythme. Tu t’en sors très bien. »

Il t’encourage, essuyant tes larmes, reprenant ses caresses dans ta tignasse sans chercher à te forcer à passer aux choses sérieuses. Tu commets l’erreur de lever le regard vers lui, de croiser ces yeux pales dont la froideur contraste avec ses gestes tendres. C’est une coquille vide. Son corps réagit sans que son âme ne daigne donner signe de vie. Pas même lorsque tu réprimes un haut le cœur et que tu le prends en main. Son membre trésaille entre tes doigts mais son visage reste fermé.

« Tu n’as qu’à faire ce que tu attendrais d’une femme…. »

Tu fermes les yeux. Tu ravalés cette boule de nerfs en travers de ta gorge et qui te bloquait la respiration. Tu laisses courir tes doigts sur sa virilité en t’efforçant de respirer calmement. Tu réprimes une nouvelle envie de vomir. Et ton supplice ne fait que commencer. Tu vas devoir faire plus, tu le sais pertinemment, pourtant tu retardes l’instant fatidique. Jusqu’au moment où tu réalises que plus vite tu en auras terminé, plus vite il se rendra compte que son idée était stupide et il te laissera partir après t’avoir fait promettre une nouvelle fois de te taire. Ainsi tu te résous à poser tes lèvres sur ce membre ragaillardi par tes caresses malhabiles. Tu réfléchis un instant à la façon dont tu voudrais qu’une femme s’y prenne, comme il l’a dit. Sa langue, tu voudrais qu’elle utilise sa langue. Tu t’y risques brièvement, lui tirant une réaction, la première depuis que tu as commencé. Un simple râle plus grave encore que sa voix habituelle de baryton.

Est-ce l’envie de mettre un terme rapidement à ton supplice ou le son qu’il a produit ? Qu’importe, voila un peu de volonté qui te revient et que tu saisi au vol. Ta langue se fait plus audacieuse, tu tentes d’oublier le gout et l’odeur de ce membre d’homme sous tes lèvres, tu vas même jusqu’à oser faire disparaitre quelques centimètres de chair entre tes joues.

--- Tommy ---

Il le regarde faire, sans un mot, sans sourciller. Il veut rester concentré, c’est une expérience et il veut tout analyser, tout comparer. Ses mains tremblantes. Ses lèvres hésitantes. La chaleur de sa langue. La moiteur de ses joues. Ses joues. Se voir disparaitre ainsi dans cette bouche là lui provoque un sursaut. Comme un coup de fouet violent, un coup de tonnerre. Ce n’est que quand il s’aperçoit que l’autre suffoque qu’il réalise qu’il a crispé ses doigts dans ses cheveux et l’a forcé à reste immobile, son membre à demi enfoncé dans la gorge. Mais il ne le lâche pas pour autant. Il le fait juste reculer. Pour le laisser respirer. Pour contempler son œuvre. Ses yeux et ses pommettes détrempées de larmes. Le mince filet de bave qui lui coule au coin des lèvres. Non, ce n’est pas si différent d’avec une femme.

« Tu t’en sors à merveille. Recommences… »

Son ton est toujours le même, plat, froid quoi qu’il se surprenne lui-même à y entendre un tremolo trahissant à peine l’état dans lequel il se trouve. Ce n’est pas encore ce qu’il cherche, mais c’est loin d’etre aussi catastrophique qu’il l’avait imaginé. Ainsi guide il son amant d’un jour pour l’inciter à reprendre. Il s’efforce de ne plus lui imposer son rythme, le maintenant simplement à la place qui est la sienne et le laissant faire de son mieux.

--- Y ---

Un bref instant, tu songes à empoigner le flingue qui dépasse de son holster et mettre un terme à tout ça en l’abatant purement et simplement pour avoir brisé sa promesse mais tu sais combien de ses hommes rodent dans la cours et les jardins. Et puis il y a (x/n). Tu réalises aussi qu’il n’a jamais promis qu’il serait tendre. Simplement qu’il ne serait pas différent d’avec les femmes qu’il paye pour son plaisir. Stupide que tu es. Il t’invite à reprendre et toi, tu tentes de croiser une dernière fois son regard, de le supplier en silence, lui faire comprendre que tout ceci est bien au-dessus de tes forces, mais tout ce que tu parviens à distinguer derrière le rideau épais de tes larmes, c’est sa silhouette. Un fantôme à peine dans le brouillard qui te barre la vue. Sa main se fait plus pressante à l’arrière de ton crane et tu fermes les yeux. Tu ressasses son conseil une fois de plus. Ce que tu attendrais d’une femme….

Une fois de plus, tu te fais offense, le prenant en bouche, tu creuse les joues, tu essayes de faire jouer ta langue sur toute la longueur de son membre tout en effectuant un léger mouvement de va et vient. Ton esprit perturbé ne trouve rien de mieux à faire que de se poser la question suivante : comme diable font elle pour ne pas s’étouffer en s’appliquant de la sorte ? Mais tu n’as pas le temps de réfléchir à la réponse, ni de comprendre pourquoi tu t’es mis à penser de la sorte. Il a recommencé, il te tient plus fermement encore que tout à l’heure et cette fois, il ne se contente pas de te garder immobile. Il te force à descendre plus bas, à le gober tout entier, à venir heurter son abdomen de front et à plonger ton nez dans le duvet et son entre jambes. Tu crois un instant que ton estomac va lui rendre l’intégralité de son contenu sur les pieds, mais il n’en fait rien. Tu pense aussi voir venir l’instant où tes poumons vont exploser à l’intérieur de ta poitrine, privés de toute chance d’expirer l’air qu’ils contiennent, mais tu te rends compte que tu parviens à respirer par le nez, instinctivement. Il te maintient là un temps qui te semble infini, puis il te tire en arrière, juste assez pour pouvoir recommencer. Il n’est pas violent, il est simplement ferme, inexorable, comme ton châtiment pour avoir été assez stupide pour te mettre à son service l’an passé.

Il poursuit ainsi jusqu’à ce que ses gestes se fassent moins précis, plus saccadés, jusqu’à ce que tu l’entendes emmètre un nouveau râle plus sourd que les précédents. Jusqu’à ce que tu le sentes pulser contre ton palais. Tu aurais voulu qu’il t’épargne au moins ça. Qu’il ne te fasse pas l’affront de se rependre dans ta gorge le sorte, ou qu’il le fasse proprement, pas en se retirant à moitié. Mais puisqu’il l’a présenté de la sorte, puisque tu as toujours son conseil à l’esprit, tu es forcé d’admettre qu’à sa place, tu aurais toi aussi cherché à te voir ainsi, son foutre dégoulinant des lèvres. Tu te répugnes, tu te hais. Tu le hais, et tu hais ce geste incompréhensible qu’il s’empresse d’effectuer ensuite.


--- Tommy---

Ce n’était pas ce à quoi il s’attendait. Ce n’était pas assez.. différent. Pas assez.. exotique. Alors pour parfaire les choses, pour donner un sens à tout ça, pour justifier tout ce cirque, il lui est venu cette idée. Les deux mains sur les genoux de sa victime, il vient écraser ses lèvres aux siennes sans préavis. Un baiser qui veut fiévreux, passionné. Il veut gouter à sa propre semence sur sa langue, il veut clôturer son expérience avec cette dernière mesure. Il n’est pas certain d’y avoir pris du plaisir. Il n’est pas sûr que ça lui ait déplu non plus. Mais ceci, cette dernière tentative est grisante. Grisante, comme le gout de l’interdit, du tabou, du secret, au sens propre comme au figuré.

« Tu t’en es très bien sorti. Tres bien sorti… »



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Re: Peaky Blinders - Partie 1

Message par Redhairedmoira le Sam 16 Déc - 21:44


--- X ---

L’arome entêtant de ce mauvais rhum que tu reconnais sans peine semble avoir envahi la pièce entière à ton réveil. Et bien avant de réaliser que tu es toujours prise au piège de son bras refermé sur toi, tu fronces les narines en gémissant. Non, tu n’arriveras décidément pas à apprécier cette odeur. Le reste en revanche… Oh ton corps tout entier est encore délicieusement douloureux suite aux attentions dont il t’a gratifiée et certaine te reviennent sans mal à l’esprit. Certains détails en revanche, te semblent plus flous, comme le souvenir d’un rêve à demi effacé. Comment t’es tu retrouvée dans ses bras par exemple. Tu es persuadée d’avoir entendu la porte s’ouvrir après qu’il t’ai aidée à t’allonger. Serait-il revenu de lui-même ou bien l’as-tu retenu ? Qu’importe. Tu y réfléchiras plus tard. Quand tu auras réussi à t’installer plus confortablement et que tu seras parvenue à analysé ce que tu sais déjà.

Ainsi tu fais de ton mieux pour pivoter légèrement, sans oser t’échapper tout à fait de son étreinte de peur de le réveiller. Il laisse entendre un grognement sourd et un bref instant tu crois avoir échoué comme il s’agite soudain, mais il se contente de se replier un peu sur lui-même pour mieux caller sa tête sur ton ventre et raffermir sa prise sur toi. Il grogne encore et tu soupires en guise d’écho. C’est étrange, de le voir ainsi. Il n’a plus rien de la brute épaisse, du démon qui t’effrayait tant, de l’amant violent de la veille, il te semble soudainement plus faible, fragile presque dans le sommeil paisible où il essaye de replonger. Du bout des doigts, tu te laisses aller à effleurer les siens, agrippés à un pan de ta robe. Ta robe… Grand Dieu, aucun de vous n’a pris le temps de se déshabiller ! Vous avez forniqué et dormi ainsi, des bêtes trop pressées pour écouter autre chose que leur instinct. Et la chaleur qui te brule les joues te laisse deviner l’empourprèrent honteux qui doit être le tient en cet instant. Non seulement il est le premier homme à t’avoir réellement donné le moindre plaisir, mais c’est aussi la première fois que tu fais les choses ainsi. Aucun n’était jamais resté avec toi non plus. Alfie fucking Solomons… tu voulais le séduire, voila que c’est toi qui te surprends à éprouver une certaine tendresse pour ce colosse déjanté. Non, tu ne peux pas. Tu ne veux pas. Ce n’est que passager, une étape pour atteindre Tommy… Bon sang ce que tu ne donnerais pas pour pouvoir atteindre la poche de ta veste en boule à vos pieds et mettre la main sur tes cigarettes. Et comme cette nouvelle lubie te traverse l’esprit, voila qu’on frappe à la porte.


--- Alfie ---

« Mr Solomons ? »

« Hum ? »

Il espérait avoir le temps de replonger dans le sommeil profond où il avait réussi à disparaitre cette nuit, là lové contre le corps encore tiède de la diablesse à ses côtés, mais noooon, il ne peut pas avoir cette chance, pas vrai ? pas lui, pas Alfie. Et alors qu’il grogne, s’agite, passe une jambe par-dessus celles de la rouquine, la serre plus fort dans ses bras en ignorant la faible protestation qu’elle laisse échapper, il s’imagine que son silence fera abdiquer l’homme derrière la porte. Là encore c’est peine perdue. Et il à beau s’accrocher à la donzelle comme la ronce à un portail, il ne peut ignorer plus longtemps le fracas provoqué par les coups sur la porte.

« C’est urgent Mr Solomons. Un télégramme. De Birmingham monsieur. »

L’annonce lui fait l’effet d’un mauvais coup de poing dans les tempes. Il fallait que Tommy vienne tout gâcher, pas vrai ? Il ne pouvait pas se contenter de lui envoyer un cadeau et de le laisser en profiter, pas Tommy, pas vrai ? Mais il ne lui en veut pas, Alfie, il aurait probablement fait la même chose. Seulement il n’a pas envie de la rendre au gipsie à la casquette. Pas maintenant. Alors il lui vient une idée.

« Hum. Entre Ollie »

Qu’il grommelle avant de faire taire les protestations de la rouquine en lui prenant un de ces baisers sauvage dont il a le secret. Il sait qu’il peut compter sur son second pour aller raconter ce qu’il a vu et la rumeur finira bien par atteindre les oreilles d’un Peaky Blinders. Et rendre Tommy jaloux ça n’a pas de prix, pas vrai ?

« C’est Mr Shelby, m’sieur. Il veut savoir si vous avez bien eu son message. Et…»

--- X ---

Tu réalises alors ce qu’il est en train de faire. Il profite de ce témoin improvisé pour ajouter un exemple à la réponse qu’il renverra à ton patron et toi, toi prise au piège sous son imposante carrure, toi qui tente encore de te mentir en prétendant ne pas aimer ses attentions, toi enfin qui voulais le piéger dans tes charmes, tu en devines déjà les conséquences comme l’autre poursuit sa phrase.

« … et il ajoute que si vous acceptez vous devez lui rapporter son messager et que dans le cas d’un.. refus.. il faut lui rendre sa.. secret.. taire… »

« Réponds-lui que j’accepte. Hum ? » qu’il répond simplement en se redressant au-dessus de toi, ignorant le trémolo dans la voix de son sbire qui en profite certainement pour se rincer l’œil à tes dépends, puis il fronce les sourcils en te dévisageant « C’est quoi ton nom mon p’tit chat ? Hum ? »

Toi, tu réponds presque machinalement « (x/nf) monsieur. »

« Non Alfie. Hum ? Et c’est ton prénom que je veux. Ton prénom. »

Tu le fixes interloquée, perplexe. Il lui aura fallut tout ce temps, il aura fallu qu’il se repaisse de ton corps et s’insinue dans ton ame pour enfin daigner poser la question mais ce n’est pas le plus surprenant. Alfie… il s’attend probablement à ce que tu l’appelles ainsi désormais. Serait ce le signe que tu as gagné ? Que tu as si bien su subir ses caprices que tu as, toi aussi réussi à l’intoxiquer ?

« (x/n)… »

A peine ton prénom a il franchi tes lèvres que déjà l’animal refait surface. Ses lèvres viennent se perdre dans ton cou avant que ses dents ne prennent le relais. Et l’enivrante sensation qu’il te procure se mêle à ta terreur que ses mots distillent en ton esprit.

« Donc… » qu’il dit entre deux baisers, deux morsures « .. tu lui dit que j’accepte. Et que je le remercie pour le… professionnalisme dont (x/n) ici présent à fait preuve. »

Avec effrois, tu réalises tout l’impact que ces mots auront à leur arrivée à destination. Il saura lire entre les lignes, Tommy, il est trop intelligent pour ne pas comprendre le choix des mots. Mais c’est pour ça qu’il t’avait envoyé là non ? Tu ne crains donc pas sa réaction à lui, il sera fier de toi, non, tu redoutes bien plus le fait que tu n’as pas d’autre choix que de saisir l’occasion que l’autre fou t’offre. Si tu ne veux pas risquer de faire perdre de la crédibilité à ton personnage, tu ne peux pas rester de marbre. Alors pour la première fois depuis que tu l’as laissé te prendre ce baiser hier, tu te débats. Tu le repousses. Tu ignore totalement l’autre voyeur resté à la porte et la manche de ta robe tombée sur ton épaule et qui laisse entrevoir bien plus que la décence ne l’autorise. Tu te lèves, tu t’éloignes du lit devant ces deux paires d’yeux incrédules braqués sur toi.

« Non ! Ne lui dites pas ça ! Mr Solomons s’il vous plait ! »

« Alfie… »

« Alf...Si vous voulez. Mais ne lui dite spas ça ! Il va comprendre. Il va comprendre ce que j’ai fait ! »

Et tu puises dans la force que te donnes l’espoir que Tommy te récompensera pour avoir si bien joué ton rôle, toute l’énergie dont tu as besoin pour feindre les tremblements et faire couler quelques larmes sur ta joue, portant une main à tes lèvres. Tu te forces à suffoquer, à sangloter en hoquetant.

--- Alfie ---

Alors celle-là, il ne l’avait pas vu venir, Alfie. Il pensait pourtant qu’il était clair que le plan de Tommy était de la lui coller dans les pattes depuis le début et qu’elle avait finit par l’admettre. Il ne pouvait pas deviner qu’elle avait peur de lui, pas vrai ? Une femme peut pas être amoureuse d’un type qui lui fou les jetons, pas vrai ? Quoi que du peu qu’il en sait, elles sont assez tordues pour ça s’il prend le temps d’y réfléchir. Et celle-ci, vu la tournure des évènements de la veille, elle est plus tordue que les autres. Putain de veine. Face à une femme a envie de prendre du bon temps, il sait parfaitement comment réagir, Alfie. Mais une qui fond en larme à cause de lui, ça il n’a pas la moindre idée de ce qu’il pourrait bien en faire.

« Hey là ! Faut pas te mettre dans des états pareils mon chaton ! Hum ? Ollie ? Transmet ma réponse et va faire préparer l’auto. On part en début d’après midi. Hum ?»

Il n’a pas lâché la rouquine des yeux. Il a toujours ce doute, Alfie, cet étrange sentiment qu’elle est peut-être en train de se payer sa tête. Parce que les femmes c’est comme ça. Toutes les femmes sont comme ça. Blondes, brunes, rousses, gipsies, anglaises, juives, mêmes ces garces d’italiennes. Surtout ces garces d’italiennes. Mais il n’a pas envie de penser aux ritales, ah ça non. Il a ce petit brin de femme à gérer et c’est déjà bien assez. Et l’autre abruti qui reste planté devant l’entrée de la pièce.

« OLLIE ! LE TELEGRAMME ! L’AUTO ! DEGAGE ! »

Ça les fait sursauter tous les deux. Le crétin comme la pleureuse. Et la peur qu’il lit dans les grands yeux de biche de cette dernière, il crain un instant d’en être la cause. Elle a passé ce cap là, pas vrai ? Il lui a prouvé hier qu’il avait beau avoir ses démons, il ne lui fera pas de mal, ou juste assez pour lui faire du bien, pas vrai ? Alors quand la porte se referme enfin, il vient la saisir par les hanches, toute menue, toute légère, et la soulever du sol pour mieux l’asseoir sur la commode. Là, il la force à écarter les mains frêles qui cachaient son visage pour mieux la blottir contre lui.

--- X ---

Non, décidément, tu n’arriveras jamais à anticiper une seule de ses réactions. C’est presque tendre, la façon dont il te serre dans ses bras. Ça le serait si ses dents ne s’étaient pas empressées de reprendre le traitement qu’elles infligeaient à ton cou et ton épaule un peu plus tôt. Si tu ne devinais pas tout contre ta cuisse cette envie qu’il avait au réveil et que tes pleurs factices n’ont pas suffit à faire taire. Pervers. Mais tu ne te laisses pas démonter pour autant. Tu émets une faible supplique, sans y mettre trop de conviction pour ne pas l’interrompre tout à fait.
« Mr So.. Alfie… non… »

« Chhh… il ne faut pas avoir peur d’Alfie. Hum ? Il ne te fera pas de mal, Sucre d’Orge, il ne veut pas te faire du mal. Hum ? »

Bah voyons. Te croit il vraiment si naïve ou bien tente il de se convaincre lui-même ? Qu’importe, tu le laisses faire. Tu n’as pas besoin de savoir ce qu’il entend par là pour comprendre ce que cette promesse signifie. Là, au milieu de toute sa folie, tu as repéré juste ce qu’il faut de sincérité pour te réjouir. Tu as gagné. Il ne vaut guère mieux qu’un sanglier dans un piège à ours…


--- Alfie ---

Elle verra bien assez tôt le résultat de ses petites attentions. Et il aura tout le trajet pour la rassurer, pas vrai ? Mais il n’a pas pu s’en empêcher. Marquer sa peau comme il le fait, c’est pour montrer à Tommy qu’il a gagné. Qu’il la lui a volée. Elle est à lui maintenant. Parce que qu’elle reviendra, pas vrai ? Elle ne pourra plus se contenter de l’autre bloc de glace maintenant qu’elle sait tout ce que lui peut faire, pas vrai ? D’autant qu’il a encore plus d’un tour dans son sac, Alfie. Il n’est pas le vieil ours boiteux décrépit qu’on croit. Pas lui. Il peut lui en donner tellement plus, pour peut qu’elle veuille le laisser faire. Comme là, quand il se laisse tomber entre ses cuisses pour venir y mordre, comme quand il la questionne du regard avant d’aller plus loin. Tommy n’a jamais pensé à ça, pas vrai ? il en est certain. Alors oui, il va la lui rendre, mais elle ne sera plus jamais sienne. Tommy zéro, Alfie un !



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Re: Peaky Blinders - Partie 1

Message par Redhairedmoira le Dim 17 Déc - 1:49



--- Y ---

Il n’a pas desserré les mâchoires depuis ce baiser. A part pour enchainer les verres et les cigarettes. Il ne t’a pas adressé la parole et toi, tu en es encore à te demander ce que tu préférerais. Ce silence pesant, ou toutes les nouvelles idées perverses qu’il pourrait exprimer. Il a déverrouillé la porte. Comme pour te signifier qu’il en avait terminé avec ces choses qui ne doivent pas quitter la pièce, mais tu as bien trop peur pour y voir une autorisation de mettre les voiles. Tu vois surtout ça comme un test. Il doit s’attendre à ce que quelqu’un passe la porte et que la conversation te serve de test. Pour voir si tu es capable de garder tout ça pour toi, de mentir pour lui en prétextant une fièvre quelconque pour justifier la pâleur probablement de ton teint.

Et quand on frappe à la porte, il relève la tête vers cette dernière en t’ignorant magistralement. Toi, tu n’oses pas tourner la tête, tu n’es pas certain de pouvoir affronter le moindre regard dans ton état. Tu fixes un motif dans le bois du bureau en te recroquevillant légèrement sur ta chaise quand Tommy passe à coté de toi pour rejoindre le nouvel arrivé. Ils échangent quelques mots, à voix basse, des secrets qui ne te concernent pas. Malgré tout ce qu’il vient de faire, malgré ce qu’il te réserve encore, tu restes un simple pion sur l’échiquier géant sur lequel il évolue.


« (y/n) ? Non, nous avions terminé. C’était à propos d’elle d’ailleurs. Je vais le ramener en ville, ça me donnera l’occasion de passer faire un tour au Garrisson. »

« Vraiment Tommy ? Les gars seront ravis de te revoir au pub ! Comme à la belle époque, hein Tommy ? »

« C’est ça. Comme à la belle époque… »

Tu n’as pas bronché. Pas même quand ils ont parlé de toi. Tu as simplement serré les poings et tu t’es mordu la lèvre au sang en l’entendant évoquer ta sœur. Etaient-ce des nouvelles de Londres ? Enfin ? Tu brules d’envie de lui poser la question mais tu crains trop la réponse. Et quand la porte se referme, quand tu es enfin certain de ne pas croiser d’autre regard que le sien, tu pivotes d’un seul mouvement sur ta chaise pour lui faire face.

« C’est la réponse de Solomons ? Elle va bien ? Il la laisse rentrer, n’est-ce pas ? Il… qu’est ce qu’il dit ? »

Tu en as oublié toute prudence. Tu en as oublié que le télégramme concerne surtout le buisines entre ces deux-là et que tu n’as pas à savoir de quoi il retourne. Tu en as oublié à qui tu t’adressais. Mais tu t’en moques. Tu dois savoir. Tu as le droit de savoir. Il te doit bien ça. Tu l’as laissé faire, tu as joué son jeu, et tu n’en parleras pas. Il te doit cette réponse.

--- Tommy ---

L’occasion est trop parfaite, le timing trop beau. Et avant même de lire ce que contient le papier entre ses mains, il sait déjà quoi faire de la réponse qu’il contient. Et revenant à son bureau, il se contente d’une main posée sur l’épaule du curieux et parcourant la feuille des yeux, il va simplement vider le dernier verre qu’il s’était servi avant de froisser le télégramme et de l’envoyer dans la corbeille.

« C’est ça réponse, en effet. Je t’expliquerais en chemin. »

Oh, il a pleinement conscience de la torture qu’il lui impose mais c’est à ce prix et à ce prix seulement qu’il le gardera sous contrôle. Un bref instant, il lui vient l’idée folle de le narguer avec une plaisanterie douteuse mais il doute de pouvoir tirer quoi que ce soit de bon s’il insinue qu’il avait tort à propos du rhum. Bien sûr, c’est la vérité, c’est ce qu’il comprend du message tout du moins. Et il connait trop bien Alfie pour savoir qu’il a dû peser ces mots avec soin. (x/n) aura rempli sa part du contrat, elle aura du moins fait de son mieux, il n’a pas le moindre doute là-dessus. Reste à savoir à quel point l’autre y aura cru.

« Tu viens ? »

Lui il a déjà enfilé son manteau tout en réfléchissant. Il a déjà l’esprit à demain et à la seconde étape de son plan pour la rouquine. Et voyant l’autre le fixer, incrédule, immobile sur sa chaise, il revient au présent, à ce plan là dont il a encore bien des étapes à franchir avant la tombée de la nuit.

« FRANCES ? » s’époumone il à l’attention de la gouvernante « Va m’attendre dans la voiture. La Bentley. » précise il à (y/n) « FRANCES ? »

Il passera la nuit là-bas, en ville. Alors il veut mettre quelques affaires en ordre avant de partir, embrasser son fils, rassurer les domestiques qui pourraient s’inquiéter d’une absence, briefer ses gars quant à la sécurité de sa propriété d’ici là. Et une fois dans le hall, il regarde l’autre sortir sur le perron, tel un pantin, tout à sa merci, et il ne peut s’empêcher de sourire. La nuit sera longue. Et s’il ne se trompe pas, il y a de fortes chances pour que le matin soit tout aussi enrichissant…

gif:

--- Y ---

Ce n’est pas la destination que tu redoutes. Ce n’est pas non plus sa conduite trop brusque, perturbée sans doute par les verres qu’il a enchainé toute l’après-midi. Non. Ce sont ses explications. Et comme elles tardent à venir, tu hésites à les lui réclamer. Tu as déjà fait preuve de bien trop d’audace et tu crains d’avoir épuisé sa patience. Pourtant il a ce rictus au coin des lèvres, ce regard malicieux, l’alcool sans doute, mais pas seulement. Et c’est presque avec soulagement que tu l’entends enfin prendre la parole à quelques kilomètres de la ville.

« Elle a fait ce qu’il y avait à faire. »

C’est déjà ça, mais ça ne te suffit pas. Tu as besoin d’en savoir plus, bien plus. Ce n’est pas parce qu’elle a transmis son message qu’elle va bien. Ce n’est pas non plus suffisant pour s’assurer qu’elle sera bientôt de retour. Mais une fois encore, tu te mords la lèvre en silence plutôt que d’insister. Il doit l’avoir remarqué puisqu’il pose une main ferme sur ton genou avant d’employer ce ton autoritaire que tu redoutes tant.

« Ne fais pas ça ! Ça ne sert à rien. Et on va croire que je t’ai cogné dessus. Tu ne voudrais pas leur donner matière à parler dans notre dos pas vrai. Ça fait partie du contrat, (y/n). Donner le change. Fais-en sorte de ne pas attirer l’attention. Continue de te taper la brunette de l’autre fois par exemple… »

« Elle a trouvé mieux….. »

La réponse t’est venue machinalement et le reste de la conversation pourrait presque ressembler à quelque chose de normal. Deux vieux camarades qui causeraient de tout et de rien. Presque. S’il ne ramenait pas la conversation à la raison première de ta présence à ses côtés.

« Elle était jeune, elles sont idiotes à cet âge. En règle générale du moins. (x/n) est une des rares exceptions. Trop maligne pour son propre bien, elle le réalisera un jour. »

Tu t’es figé à cette dernière phrase. Qu’il parle d’elle ne te surprend pas, c’est ce que tu voulais après tout, ce que tu espérais. Mais ces mots-là te glacent le sang. Est-ce une nouvelle menace ou un simple constat que tu as toi-même formulé plus d’une fois ?

« Si j’ai vu juste, ils devraient avoir quitter Londres déjà, ou s’apprêter à le faire. Tu la retrouveras bientôt. Ma part du contrat. Le reste dépend de toi. »

Et tu es trop occupé à le fixer, comme si tu pouvais lire une précision supplémentaire sur les traits tirés de son visage, pour réaliser tout de suite que vous êtes arrivés devant l’immeuble où ta sœur et toi partagez un appartement. Ce n’est que quand il se tourne vers toi après avoir coupé le moteur que le silence vient te frapper les tympans. Et tu suis son regard vers la porte d’entrée en déglutissant trop bruyamment puisqu’il le remarque.

« Je suis certain que tu t’en tireras tout aussi bien que tout à l’heure. »

C’est tout ce qu’il ajoute avant de quitter la voiture et d’aller se planter devant la porte, un mégot entre les lèvres. Sale habitude qu’il partage avec ta cadette. Au moins, l’odeur du tabac froid qu’aura l’appartement quand elle rentrera ne la surprendra pas. Tu te flagelles mentalement pour cette réflexion idiote qui te vient parmi tant d’autre comme ton esprit essaye d’éluder le plus important. Ce qui t’attendant là-haut est bien pire qu’un simple problème de tabac. Pourtant tu n’as pas le choix. Le reste dépend de toi…

--- Tommy ---

Il attend patiemment que l’autre lui ouvre la porte, qu’il lui ouvre la marche dans les escaliers, qu’il s’engouffre dans son appartement. Il le suit sans un mot et c’est sans un mot non plus qu’il claque violement le panneau de bois derrière eux. Fini de jouer, de tourner autour du pot. Il se comportera avec lui comme il le ferait avec une de ses conquêtes, c’était le deal. Et s’il ne veut pas lui-même se mettre à douter du bien fondé de son projet, il se doit d’agir avant d’avoir le temps de réfléchir.

Ainsi à peine son mégot a il touché le sol et son talon s’est il chargé de l’éteindre, que ses mains sont venues s’ancrer aux joues de sa victime pour mieux lui forcer un baiser. Le même que tantôt, ce gout de lui-même en moins, celui du sang en plus à présent qu’il s’est ouvert la lèvre comme il l’a fait. Il est surpris de ne pas rencontrer plus de résistance, le repoussant sans mal jusqu’à la table la plus proche. Peut-être qu’il s’est resigné. Peut-être que ses mises en gardes subtiles ont payé leurs fruits ? Qui sait. Il s’en moque, il peut prendre ce qu’il veut et c’est tout ce qui compte. Sans briser ce baiser bien que déçu de ne pas obtenir au moins un semblant de réponse, il se défait de sa veste, puis de celle de cet amant plus ou moins volontaire. Il fraye un chemin à ses mains sous sa chemise, vers la peau de son ventre. Il veut voir, il veut toucher, il veut pouvoir comparer. Il veut prendre tout ce qu’il peut avant que sa petite expérience ne touche à sa fin. Ses doigts dégrafent sans ménagement chaque bouton qu’il croise, ses lèvres quittent les siennes pour explorer son cou. La sensation est la même, l’odeur et le gout sont différents. Plus acides, plus bruts, plus virils. Tout aussi enivrantes.


--- Y ---

Bien que tu n’oses le repousser, tu ne réponds à aucun de ses assauts. Ni quand ses ongles viennent griffer tes cotes, ni quand ses lèvres trouvent ce point sensible derrière ton oreille. Ce n’est que lorsque ses dents viennent s’en prendre à ton torse que tu réagis enfin. Et tu hais cet instinct qui te fait te cambrer et venir crisper une main dans ta tignasse de jais. Tu le hais car il semble galvanisé par ta réaction soudaine. Ses dents se font plus sévères, bientôt remplacées par sa langue, comme un baume après ce traitement et sans même que tu n’y aies prêté attention, ses mains ont fini de te mettre à nu. Et le contact du bois sur le haut de tes cuisses ne te ramène à la réalité que bien trop tard. Il a déjà posé sa main sur ton membre et tout en te bâillonnant d’un nouveau baiser, il entreprend de lui donner vie.  Une fois encore, ton instinct reprend le dessus, répondant machinalement à ce nouvel assaut sur tes lèvres, ta langue laissant la sienne gagner du terrain entre tes joues. T’abandonner ainsi est la meilleure chose à faire, lutter serait sans espoir et lui être indifférent serait prendre le risque de le vexer.

Mais toutes tes belles intentions s’envolent quand sa main quitte ta virilité pour se glisser plus bas encore. Et il a beau faire diversion en revenant mordre à ton cou, tu n’as pu t’empêcher de reculer en sentant ses doigts effleurer ton entrée.


--- Tommy ---

Il n’arrivera à rien comme ça, il le sait. Mais il se refuse à se contenter de le basculer à plat ventre contre la table. Il veut découvrir ce plaisir-là, si t’en est que c’en soit un, mais pas comme un animal. Alors il change de technique. Quitte à expérimenter, il se décide à aller au bout des choses. Et c’est sans vergogne qu’il reprend ses baisers sur son torse, bien décidé à ne plus le laisser se défiler. Il poursuit une descente lente, comme la longue agonie qu’il infligerait à une femme qu’il aurait envie de dévorer toute entière pour mieux la savourer. Et si l’autre avait hésité avant de poser ses lèvres sur ses attributs plus tôt dans la journée, lui il n’en fait rien. Il laisse courir sa langue comme il aurait voulu qu’il le fasse, se galvanisant au son qu’il émet et à l’étrange façon dont son corps tout entier se contorsionne entre ses mains. Splendide diversion qu’il a trouvée là.

--- Y ---

Tu t’attendais à tout, sauf à ça. Pas à voir Tommy Shelby se jeter sur toi de la sorte, se repaitre de ta chair comme une catin affamée. Seulement tu aurais du savoir en revanche, que Tommy Shelby ne fait jamais rien sans une idée précise derrière la tête. Et comme tu te redresses un peu pour le regarder faire, pour voir de tes propres yeux ses lèvres et sa main sur ton membre, tu as le malheur de croiser son regard. D’y lire juste ce qu’il faut pour comprendre avant même de sentir ses doigts revenir à la charge là où ils essayaient de s’aventurer plus tôt. Et cette fois, tu ne peux plus lui échapper. Tes jambes repliées sur ses épaules, une de tes cuisses prise entre son torse et son bras comme il fait jouer sa main sur toute la longueur, tu ne peux que te mordre le poing en le voyant se cracher dans la main libre tout en te fixant en silence. Il n’a pas besoin de parler. Tu sais ce qu’il veut, tu sais ce que tu dois faire. Subir.

Et lorsqu’une première phalange parvient à franchir l’étroit passage qu’elle cherchait, tu te cambres à t’en briser les reins. Tu sais que ce n’est rien, rien comparé à ce qui t’attend, et tout ça ne fait qu’aggraver les choses. Tu te crispes, tu paniques. Il l’a senti puisqu’il l’a retiré aussitôt et qu’il a repris ses attentions sur ton membre. Il te laisse encore un peu de temps, un répit tout au plus. Juste assez pour réussir à t’arracher un nouveau gémissement, de plaisir cette fois, d’un coup de langue plus vieux que les autres. Juste assez pour que cette fois, il n’ait plus le moindre mal à laisser ce doigt explorer ton entrée.

--- Tommy ---

Il lui faut faire preuve de patience, une patience qu’il n’avait pas envie d’avoir mais dont il commence à entrevoir tous les bénéfices. Plus sa main droite se fait tendre sur sa virilité, plus sa langue se fait habille, et plus il arrive à glisser en lui avec aisance. Et l’expression sur son visage est euphorisante, savant mélange, parfait équilibre entre la douleur, la honte, et le plaisir comme il s’applique à entretenir les trois à la fois. Et quand il parvient à ajouter un second doigt au premier, il se délecte des râles qu’il obtient. Oh comme il aimerait pouvoir se glisser dans son esprit, pour découvrir toutes les facettes de cette expérience, en connaitre tous les aspects. Comprendre ce qu’il vient de faire pour obtenir ce nouveau soubresaut de son corps et ce tressaillement de son membre. Quelque choque qu’il a effleuré. Là. Juste là.

--- Y ---

Tu voudrais lui hurler d’arrêter mais aucun son ne parvient à franchir tes lèvres. Tu es comme paralysé, électrifié par ces frissons que ces gestes viennent de te provoquer. Ce n’est plus de la douleur, ce n’est certainement pas du plaisir, c’est tout autre chose. Ça vient de te traverser le corps comme un éclair et tu frappes du plat de la main sur la table, frénétiquement, pathétique tentative de communication à présent que ces sensations t’ont rendu muet. Tu n’as même pas remarqué il s’était de nouveau penché sur la table pour revenir s’en prendre à tes lèvres. Pas plus que tu ne réagis lorsqu’il joint un autre doigt aux précédents. Tu n’es plus là, tout simplement. Et pourtant tu as bien conscience que tes bras se sont refermés sur lui, nouvelle supplique silencieuse. Pourtant, tu n’as aucun mal à comprendre ce qui vient à présent faire pression à ton entrée maintenant que ses doigts l’on quittée. Pourtant encore, tu sais pertinemment pourquoi il s’évertue à te bâillonner ainsi par ce baiser trop fougueux pour être honnête.  C’est la douleur qui te fait reprendre tes esprits. La peur aussi. La peur qu’il ne te fende tout simplement en deux malgré toute la patience dont il fait preuve.

--- Tommy ---

Il n’aurait qu’un coup de rein à donner, un seul, pour disparaitre en lui, l’empaler comme la première catin venue et pourtant, il n’en a plus la moindre envie. Pas maintenant qu’il a croisé son regard. Cette peur, ce dégout, ce n’est pas ce qu’il veut voir. Mais il est hors de question qu’il abandonne pour autant. Alors il peste, il râle, il recule, il fait quelques pas dans la pièce, il revient à la charge. Et cette fois, il le soulève de la table en l’empoignant par un bras, il lui prend un nouveau baiser, il se resigne.

« Je suis désolé. »

C’est tout ce qu’il trouve à dire avant de le repousser à plat ventre et de le maintenir en place d’une main solidement appuyée en bas de ses reins. Il ne se débinera pas, il a besoin de ça, d’aller au bout de son idée. Quoi qu’il arrive. Alors cette fois, il s’applique un peu plus en revenant faire jouer ses doigts entre les deux lobes ainsi offerts. Il se fait plus ferme et plus précieux à la fois. Il cherche ce qu’il avait effleuré tout à l’heure, il se fait curieux. Et ce n’est qu’une fois qu’il sent le corps sous ses doigts se détendre un peu qu’il le lâche tout à fait.

--- Y ---

Il a perdu patience, il s’est lassé de tes grimasses, de tes refus, de tes suppliques. Il n’a plus envie de jouer et tu redoutes un instant que tout ceci puisse avoir des répercussions sur sa part du contrat. Un instant à peine. Juste ce qu’il faut pour ne pas lui opposer la moindre résistance quand il revient presser son membre sur ton sillon. Tu es resigné, tu n’as plus peur, pas pour toi du moins. Sa vie contre ta dignité, c’était le marché.  Et quand il force l’entrée, tu serres les dents, tu fermes les yeux, tu retiens comme tu peux les larmes et le cri qui voudraient t’échapper. Non. C’est ce qui l’a vexé tout à l’heure, c’est tout ce qu’il ne veut pas.  Et pourtant, que pourrais tu faire d’autre face à la douleur qu’il te procure ?

Il prend son temps, il te laisse t’adapter à cette sensation nouvelle, comme si tu pouvais seulement y arriver. Tu sens ses doigts caresser lentement la peau de ton dos, tentative vaine pour te réconforter, puis lorsqu’il pense t’avoir suffisamment rassuré, il  se recule, t’imposant une fois de plus la douleur sourde de ce frottement qui t’es encore nouveau. Si tu ne savais pas si froid, tu pourrais prendre la lenteur méthodique de ses mouvements pour de la tendresse, si seulement. Pourtant, rien ne l’oblige à faire ce dernier geste, à venir glisser sa main sous ton ventre pour reprendre ses caresses, à tenter de te permettre d’en profiter autant que lui…


--- Tommy ---

Il ne sait pas vraiment pourquoi il le fait, il a juste l’impression que l’expérience échouerait s’il ne parvenait pas à le satisfaire. Ça l’agacerait, ça froisserait son ego, si en plus de ne pas en profiter lui, il était incapable de faire prendre son pied à son partenaire, qui qu’il puisse être. Alors il s’évertue à accorder les rythmes de sa main et de son bassin, à ne pas céder trop vite bien qu’il soit forcé d’admettre que tout ceci a bien plus d’effet sur lui qu’il ne l’aurait pensé. Ce n’est pas bien différent, c’est juste.. plus grisant. Et cette seule pensée suffit à le rapprocher un peu plus de l’instant fatidique où il ne pourra plus se retenir. Si tôt, si vite. Et pourtant il n’y a rien qu’il puisse faire pour chasser de son esprit la vision qui lui revient. Cette homme sa semence au coin de lèvres. Alors lâche son membre pour mieux s’agripper à ses hanches et se faire plus puissant. Juste quelques derniers coups de reins avant de se figer en lui et y rependre son plaisir. Un plaisir violent auquel il ne s’attendait pas. Trop vite. Trop tôt.

Il reste un instant là, immobile, à fixer le corps inerte devant lui. A tenter de reprendre ses esprits et son souffle. Puis il se penche pour venir poser un baiser à sa tempe et le quitte pour se laisser tomber sur la chaise la plus proche. A tâtons, sans lâcher l’autre du regard, il cherche son étui à cigarettes dans sa poche, en tire une, l’allume, jette l’étui sur la table.


« Je suis désolé. Je tacherais de faire mieux la prochaine fois… »

C’est tout ce qu’il a à dire, tout ce qu’il arrive à prononcer. Il a bien trop à l’esprit pour parvenir à réfléchir correctement. Ce n’est pas ce à quoi il s’attendait, pour sûr, mais c’est bien mieux que ce qu’l craignait.

--- Y ---

La prochaine fois… ces mots t’achèvent tout à fait. Bien plus que la douleur qui te cloue encore à la table. Bien plus que la frustration que tu éprouves en sentant ton membre encore lourd tressaillir contre la table. Bien plus que ta honte quand tu réalises à quel point tu avais envie qu’il continue. La prochaine fois… tu la redoutes autant que tu te langui déjà à l’idée qu’il reprenne ses caresses là où il s’était arrêté. Et tu te hais pour ça. Et tu le hais tout autant…

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Redhairedmoira
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Re: Peaky Blinders - Partie 1

Message par Redhairedmoira le Dim 17 Déc - 3:38


--- Alfie ---

Il n’a pas réussit à la calmer, Alfie. Tout juste est il parvenu à la convaincre de prendre place à l’arrière avec lui et non à coté du chauffeur. Il l’aurait bien dressée à sa façon, s’il avait eu plus de temps, mais il doit la ramener à bon port, pas vrai ? Qu’elle soit furieuse ou non. Ce ne sont pourtant que quelques bleus, quelques ecchymoses, quelques morsures. Et elle l’a pourtant laissé faire quand il les lui imposait. Alors Alfie, il a eu un peu de mal à comprendre pourquoi elle s’offusquait de la sorte. Elle qui murmurait son nom avec passion quand il avait la tête entre ses cuisses ce matin, elle s’est mise à le hurler avec rage quand elle posé les yeux sur le miroir. Ce n’est pas comme s’il l’avait forcée à quoi que ce soit, pas vrai ? A dire vrai, il ne sait même pas pourquoi ça le perturbe. Il aurait simplement préféré qu’elle ne lui dise pas être soulagée de rentrer quand bien même elle devrait affronter la colère de son abruti de patron. Ça l’a vexé, Alfie, un peu. Ça aurait flatté un peu son ego qu’une fleur aussi belle puisse avoir envie de rester encore un peu dans ses bras à lui. C’est pas le cas. Tant pis. Il a une quinzaine d’heures pour se faire une raison.

Seulement une quinzaine d’heures, c’est long. Et il commence à en avoir assez de ce silence. Assez de la voir recroquevillé de son coté de la banquette, bras croisés, sourcils froncés. Elle va se rider le front avant l’heure cette idiote. Et puis il ne va quand même pas faire la conversation avec Ollie, pas vrai ? Il a rien à dire, le gosse, rien à donner de plus qu’il ne prend déjà, sa loyauté sans faille et tout le reste. Et puis il n’aime pas sa voix. Une voix nasillarde de gamin sans intérêt. Alors il brise le silence, Alfie, il essaye du moins.


« Tu veux qu’on te dépose quelque part avant d’aller voir ton boss chaton ? Hum ? »

Pour toute réponse, il n’obtient qu’un regard noir et assassin et une réplique sèche qui le laisse sans voix.

« Ne m’appelez plus chaton. Je ne suis pas votre chose. Et non merci. Vous vous êtes mis d’accord avec Mr Shelby pour lui ramener son messager, suivez le plan Mr Solomons. Rien de plus. »

Décidément, ce brin de femme a décidé de lui faire payer cher ses petites manies. Mais ce n’est pas de sa faute, Alfie, s’il voulait lui laisser un souvenir, pas vrai ? Elle ne peut pas lui reprocher ça, pas vrai ? alors il insiste, il essaye même de prendre sa main dans la sienne.

« Je voulais simplement m’assurer que tu vas pas m’oublier quand j’aurais tourné les talons. Hum ? Tu peux comprendre ça, Hum ? Que ce vieil Alfie avait peur de sortir trop vite et ton petit cœur, hum ? Hum ? »

Peine perdue, elle envoit valser sa main et le fusille un peu plus du regard. Il commence à revoir son compte du score, Alfie. Tommy zéro, Alfie un, la rouquine deux. Parce que Tommy l’a déjà perdue, pas vrai ? Elle ne va pas en plus retourner ramper à ses pieds pour une place sous ses draps, pas vrai ?

--- X ---

Cette fois, il a tourné la tête vers la fenêtre et tu crains de n’avoir été un peu trop loin. Tu veux tester la solidité de ce que tu as commencé à tisser, pas défaire tout ton ouvrage. Ainsi tu ne te laisses que quelques instants pour faire mine de ressasser ses derniers mots et tu te laisses aller à soupirer. Il t’accorde un bref regard en coin avant de hausser les épaules et de reporter ton attention à la fenêtre et tu sais déjà qu’il te faut rattraper rapidement le fil avant que l’accros ne soit impossible à reprendre.

« Comme si j’avais pu faire un truc pareil. Avec ou sans ça. »

Tu l’imites, braquant ton regard sur le paysage nocturne qui défile, attendant patiemment qu’il ne réagisse. Oh tu n’as pas bien longtemps à attendre ceci dit. Il ne tarde pas à se faire entendre.

« Quoi ? Hum ? Faire quoi ? »

« Oublier ce vieil ours mal léché. »

Tu as haussé les épaules en répondant et tu t’efforces de ne pas te retourner tout de suite. Tu te contentes du reflet flou de la vitre et de l’expression blafarde qu’il te renvoi. Si Tommy avait pu voir ça…

« Comm.. Comment ça, hum ? »

« Je dis simplement que s’il avait tellement peur que je l’oubli, ce vieil Alfie, il avait qu’à me le dire. Il n’avait pas besoin de me marquer comme du bétail. »

Tu as repris ses mots, tu t’es approprié cette manière ridicule qu’il a de parler de lui à la troisième personne, mais tu n’as pas lâché ta vitre des yeux. Pas même quand il s’est mis à grogner. Ni quand il a frappé le sol avec sa canne. Tu es restée stoïque, trop à l’aise dans ton rôle de gamine vexée et boudeuse.

--- Alfie ---

S’il n’avait pas peur qu’Ollie ne loupe un virage sous l’effet de la surprise, il aurait pu se mettre à hurler, Alfie. Après elle, après lui-même aussi. Peut-être même qu’il pourrait se mettre à lui cogner dessus. Et ça, Alfie, il ne veut pas. Pourtant elle fait tout pour le faire sortir de ses gongs, pas vrai ? Elle va finir par lui faire perdre sa patience, par réveiller ce qu’il n’a pas envie qu’elle voit. Ça la ferait fuir à tout jamais. Alors il se contente d’une colère silencieuse. Ça il sait faire, Alfie.  Il sait garder pour lui tout ce qu’il crève d’envie d’exprimer, c’est ce qui fait sa force, pas vrai ? C’est parce qu’il sait écouter autant que causer.

Et comme les kilomètres défilent, il cogite encore. Il rumine cette même colère au point qu’il se demande s’il aura réussi à se calmer avant d’atteindre Birmingham. Et l’autre petite sotte qui n’a plus ajouté le moindre mot… voila qu’elle le prend par surprise. Qu’elle vient sans prévenir poser sa tête sur sa cuisse, s’allonger à demi sur la banquette en le prenant pour un oreiller. Et comme il s’apprête à la renvoyer dans son recoin à elle et lui rappeler que c’est elle qui avait besoin de distance, il la sent hoqueter, il l’entend sangloter, et ça, Alfie, ça le coupe dans son élan autant que les mots qu’elle prononce.


« J’ai peur, Alfie. Je n’aurais pas dû te dire tout ça. J’avais peur…. Pardonne moi… punie moi si tu le dois mais pardonne moi… »

Elle n’a pas le droit de faire ça. Elle n’a pas le droit de lui dire des choses pareilles alors qu’il doit la rendre à Tommy Shelby dans quelques heures, pas vrai ? Elle va le rendre fou, plus fou qu’il ne l’a jamais été. Et il hésite, Alfie, il ne sait pas quoi répondre à cela. Il ne sait même pas comment réagir à ce nouveau contact. Il lève une main au-dessus des boucles rousses, il hésite, il la place près d’une épaule, il change d’avis, il s’apprête à la placer sur une hanche, il se ravise. Elle le déboussole tout à fait et il n’aime pas ça, Alfie. Il s’est mis en garde tout seul, pas vrai ? Qu’elle était dangereuse. Bien trop belle, bien trop parfaite, qu’elle avait été envoyée par Tommy fucking Shelby et qu’elle ne pouvait pas être honnête. Mais honnête ou pas, elle est à lui maintenant, pas vrai ?

--- X ---

La main qu’il finit par poser sur ton cou te tire un long frison glacial. Il lui suffirait d’un geste, un seul, pour te briser la nuque sans le moindre effort ou t’étouffer sans un remord. Et pourtant, pourtant, ce contact a quelque chose de rassurant. Dans la façon dont son pouce caresse ta peau, dans sa simple chaleur, la simple présence qu’elle représente. Il accepte tes excuses et tu sais que tu as gagné une manche de plus. Il ne peut pas te dire non. En vingt quatre heures, tu as réussit à faire en sorte que cet homme là soit incapable de te dire non.

« Ce n’est rien sucre d’orge… hum ? Je ne vais pas te punir pour ça. Hum ? Pas aujourd’hui en tout cas. Pas là où on va. Ce ne serait pas prudent, hum ? »

Et si tu sanglotes de plus belle, ce n’est plus pour rester dans ton rôle. C’est que cette boule, qui s’est formée au fond de ton bas ventre à ses mots, vient de te faire réaliser que quand bien même tu aurais réussit à le faire succomber à tes charmes, tu n’as pas pu te protéger des siens. Et cette punition qu’il te promets, tu te surprends à anticiper l’occasion d’aller la lui réclamer.

Tu as dû t’assoupir, t’endormir peut-être même, puisque tu reconnais les rues de Birmingham lorsque tu relèves la tête de sa cuisse. Il t’adresse un sourire amusé en te signifiant d’un geste que tu devrais remettre un peu d’ordre dans ta tignasse, et tu le remercie ne silence. Tu t’en veux de t’être laissée avoir de la sorte. Ces rues-là sont remplies de ces petits yeux innocents qui font leur rapport aux Peaky Blinders et tu voudrais éviter que tout ceci ne revienne à des bavards qui n’auraient pas toutes les informations pour comprendre ta situation. Il en faudrait peu pour que quelqu’un de bien intentionné ne te prenne pour une traitresse et décide de t’abattre pour rendre service à Tommy. Si tu salue l’ironie d’un tel scenario, tu préfèrerais éviter qu’il t’échoue.


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---Tommy---

Il a déjà été informé de leur arrivée en ville, et c’est dans son bureau qu’il attend patiemment que tout ce petit monde soit au rendez vous comme convenu. Il jette un dernier œil au jeune homme assis en face de lui et qui se tord les mains en silence, nerveux. Alors il soupire, il finit par se lever et aller se placer derrière lui pour mieux poser ses mains sur ses épaules et les masser brièvement mais fermement.

« Elle va bien, (y/n). Je suis un homme de parole, tu devrais le savoir. Tout est sous contrôle. »

À peine a il fini sa phrase que Lizzie toque a la large porte du bureau. Ils sont là. Mais ne pas savoir si l’autre est suffisamment calme pour ne pas risquer de tout gâcher lui occasionne un stress dont il se passerait bien. Alors avant de faire entrer tout ce petit monde, il se resigne à accorder des retrouvailles à ses deux pions préférés.

« Je vais vous laisser cinq minutes pour vous retrouver. Cinq minutes pour t’assurer que je ne mens pas, qu’elle va bien, que j’ai tenu parole. Ensuite il faudra te calmer, (y/n). Il faudra que tu te décides à reprendre tes putains d’esprits parce que je ne compte pas te baby sitter. Souviens-toi de ta part du contrat. »

Et confiant de l’effet de son petit speech, il le lâche pour aller à la porte. Cinq minutes, ce n’est pas grand-chose, et il n’aura aucun mal à occuper Solomons durant cinq minutes. Après tout il doit bien ça a (x/n) si tout s’est passé comme il le pense. Alors il salue son meilleur ennemi brièvement avant de s’adresser directement à la rouquine une fois sorti.

« Bonjour Alfie. Je suis à vous dans un instant. (x/n) ma chère, ton frère est à l’intérieur, j’ai pensé que vous apprécieriez un moment pour vous retrouver. »

Voila qui devrait finir de calmer l’autre boule de nerf et lui laisser le temps d’analyser l’effet de son petit cadeau.

--- Y ---

Ses paroles t’ont laissé sans voix, comme toujours. Il a ce petit talent, ce don peut-être. Excepté qu’il ne lui vient certainement pas d’en haut, tu verrais plus ça comme une malédiction, pour les autres, pour toi surtout. Mais pour l’heure, tu mets tout ça de coté pour mieux te précipiter vers ta cadette. Hors de question de l’accabler avec tout ce que tu as sur le cœur. Etrangement, ce n’est pas tant à cause de ton pacte avec… et bien avec le diable de Birmingham, non. C’est simplement parce que tu te refuses à lui imposer ça. Comment pourrait elle supporter de savoir que tout cet enfer t’est tombé sur le coin du nez à cause d’elle ? Alors il lui tend les bras, l’invitant à échanger l’accolade qu’il aurait dû lui offrir le jour où elle a quitté la ville, pour l’empêcher de partir.

« Par tous les… (y/n), tu as une mine affreuse ! C’est pour moi que tu t’es fait autant de soucis ? »

Si elle savait ! Mais tu ne lui réponds pas. Tu ne peux pas. Tu te contente de ricaner en la prenant dans tes bras. C’est peu mais ça lui suffira. Elle qui a toujours été la plus maligne, cette fois tu es celui qui se doit d’être manipulateur. Et tu mises sur la fatigue indéniable qui l’accable pour prendre l’avantage. Un bref instant, tu songes à lui demander pourquoi elle garde manteau et foulard fermés si haut à l’intérieur, une part de toi espérant qu’elle te réponde qu’elle ne restera pas et que vous allez rentrer tous les deux sous peu, mais tu t’abstiens. Tu sais déjà qu’elle ne le fera pas.

« (y/n) ? »

Tu te ressaisies rapidement en l’entendant prononcer ton nom. Ne pas l’inquiéter, ne pas l’accabler avec tes propres problèmes. Tu veux jouer ton rôle d’ainé pour une fois.

« On parlera en rentrant. Je doute que le boss te laisse partir si facilement, fatiguée ou non. T’as ramené le juif comme il te l’avait demandé mais ça fait de toi la personne la plus appropriée pour la paperasse qui va avec, pas Lizzie, hum ? »

--- X ---

Ton sang s’est figé dans tes veines en l’écoutant finir sa phrase. Oh il n’a pas le timbre bestial de l’autre taré, mais il vient de te renvoyer vingt-quatre heures en arrière et tu commences à entrevoir les conséquences de ta faiblesse. Il va t’en falloir des jours d’efforts pour oublier tout ça. Seulement, tu n’as pas le temps de réfléchir à la manière dont tu vas t’y prendre que déjà Tommy refait son entrée. Tu n’as pas la moindre idée de ce qu’il a pu avoir eu le temps d’échanger avec l’autre dans le hall mais tu sais déjà à la façon dont il fait signe à ton frère de quitter la pièce qu’il attend des précisions de ta part. Son regard, plus glacial encore qu’à l’accoutumé ne laisse pas de place à la moindre protestation et ton ainé s’exécute en silence avant qu’il ne referme la porte. A travers la vitre de la porte, tu croises un autre regard. Celui de l’ours hirsute qui te dévore des yeux sans scrupule, te provocant un long frisson dans le bas du dos.

« Je dois dire que je ne m’attendais pas à ça… »

Tu sursautes, détournant les yeux pour mieux le fixer. Tu restes immobile, pour mieux savourer l’intimidante présence de ton patron et tout ce qu’elle a de rassurante. C’est paradoxal, peut-être, cette façon qu’il a de t’apaiser.

« Je suis désolé que tu ais du aller jusque-là… »

Sa main sur ton avant-bras termine de te redonner le peu de prestance qu’il te fallait pour garder les idées claires. Il est fier de toi. Tu l’as rendu fier. Il n’a pas à s’excuser pour ça, tu donnerais plus encore pour lui. Rien que pour lui. Si seulement il savait, si…

--- Tommy ---

Elle lui ressemble. C’est une évidence bien sûr, ils sont frères et sœurs après tout, seulement ce n’est qu’aujourd’hui qu’il le réalise. Aujourd’hui qu’il reconnait la lueur dans ses yeux, ces mêmes yeux, ce même regard. Il pourrait les avoir tous les deux, il en est certain, mais elle serait bien trop facile à prendre, il n’en tirerait rien et pire encore, il perdrait l’avantage qu’il a sur elle. Pourtant, il sait aussi qu’il ne doit pas la faire languir trop longtemps, elle se lasserait. Qui sait, il pourrait même la perdre au profit de l’autre détraqué.

« Je suis fier de toi. »

Qu’il vient murmurer à son oreille en se délectant du frisson qu’il lui provoque. S’il osait… oui après tout, c’est un compromis qu’il peut se permettre. Pour faire enrager la bête derrière la porte autant que pour la récompenser. Il glisse deux doigts sous son menton et pose un baiser qu’il veut tendre sur ces levres qui, il en est persuadé, n’attendaient que ça. Elle ne régit pas, elle se contente de trembler de plus belle.

« Tu es à la maison maintenant. Tu es en sécurité. »

Oh ce qu’il aime jouer avec elle comme ça. Presque autant qu’avec son ainé.  C’en est presque trop facile.

--- Alfie ---

Il serre les dents, Alfie, il déglutie en silence. Il sent monter une colère sourde du fond de ses entrailles. Pourtant il ne peut pas être jaloux, pas vrai ? Il n’a pas vraiment le droit de l’être. C’était un jeu, un simple jeu entre ce diable de Shelby et lui, pas vrai ? Un partout alors, pas vrai ? Et il grogne, il serre le pommeau de sa canne si fort qu’il pourrait s’en faire sauter les articulations. Ce n’est rien qu’un baiser, un tout petit baiser fébrile, rien à voir avec ces étreintes enragées qu’ils ont échangés, pas vrai ? Et puis il est là pour les affaires, Alfie, pas pour elle. Pas uniquement pour elle. Il ne peut pas entrer dans le bureau comme un taureau en rut et briser le sale petit cou trop parfait de Tommy fucking Shelby à cause d’une bonne femme, pas vrai ?

--- Y ---

Tu n’aimes pas ça. Pas du tout. Ni ce que tu as vu à travers la vitre, ni ce qui se passe à coté de toi. Si tu n’as aucun mal à ignorer la jalousie évidente de Lizzie qui a fait mine de replonger dans ses papiers sans un mot, tu as bien plus de mal à faire abstraction de celle du colosse hirsute qui se tient juste à coté de toi. Tu n’es peut être pas le plus malin des hommes, mais tu a parfaitement compris que pour qu’il réagisse de la sorte, c’est qu’il s’est passé quelque chose entre eux. Quelque chose dont tu n’es pas certain d’avoir envie d’entendre le récit. Et pire encore il y a ta propre réaction. Cette boule dans ton estomac, cette moiteur soudaine dans tes paumes. Le plus étrange étant que tu ne sais même plus si tu voudrais te joindre à la colère de Solomons et t’en prendre à Thomas pour oser poser ses sales pattes sur elle ou si tu voudrais être à la place de ta cadette. Thomas…

--- X ---

Ce geste t’as prise de court, et s’il ne te soutenait pas un peu, tu te serais probablement effondrée sur le sol, surprise autant qu’envoutée. Il est fier, il est fier et il tient à toi. Car tu te refuses à trouver une autre raison à ce baiser. Pas si vite. Tu en mourais, tu crois, si tu t’autorisais à avoir de faux espoirs de ce genre-là. Tu ne supporterais pas de t’être trompée.  Et puis il y a tout le reste. Tu es épuisée, de corps et d’esprit. Tu crains de ne pas avoir les idées claires, peut-être t’es tu trompée, peut-être n’a il fait qu’effleurer tes lèvres en embrassant ta joue. Tu ne sais plus.

« Reste. Prends les notes à la place de Lizzie pour la première partie de cette entrevue. Le reste, ce sera lui et moi. Mais reste, juste un peu. »

Lui..  oui, c’est pour ça, c’est à cause de lui que tout a commencé. Et il te revient soudain une idée que tu avais trouvé brillante en chemin.

« Non. Frappez-moi. » il a un bref mouvement de recul mais tu t’empresses de poursuivre avant qu’il ne rejette ton plan « Giflez moi. Regardez mon cou et giflez moi. Puis renvoyez moi pour la soirée. Je peux le faire. Je peux l’avoir tout à fait, il faut juste lui donner une bonne raison de croire que je pourrais préférer être sa chose. »

--- Tommy ---

Est-elle réelle ? Il la savait maligne, il la découvre manipulatrice, calculatrice, plus froide et déterminée encore qu’il ne pourrait l’être. C’est peut-être d’elle qu’il devrait se méfier, bien plus que du roi fou de l’autre côté de la porte. Elle pourrait les faire tomber tous les deux si elle s’en donnait la peine. Non. Elle ne le fera pas. Il trouvera un moyen de s’assurer de sa loyauté. Utiliser la sœur pour avoir le frère, utiliser le frère pour avoir la sœur. Son plan est trop parfait pour qu’elle puisse le faire échouer. Mais elle a sans doute raison pour cette fois, il lui accorde ça. Alors il suit les instructions, il glisse sa main sur sa peau pour défaire le foulard qui cache son cou. Il retient le large sourire qui tente de s’afficher sur ses levres en découvrant la marque que l’autre y a laisser et il se fait sévère. La gifle resonne dans la pièce avec force, il y met toute la conviction nécessaire à rendre les choses crédibles. Il s’en veut, s’en voudrait presque, en la voyant porter une main à sa joue meurtrie. Il se fera pardonner plus tard, un autre baiser pourquoi pas, si ça peut la maintenir dans ses filets.

--- Alfie ---

Il est resté immobile, silencieux. Ça lui a couté toutes ses forces, Alfie. Il se voyait déjà enfoncer sa canne entre les yeux pales de son rival. Il l’aurait fait s’il n’avait pas été trop occupé à imaginer la rouquine se consoler dans ses bras à lui. Parce que c’est ce qui va se passer, pas vrai ? Tommy fucking Shelby vient de faire une erreur dans son jeu si parfait, pas vrai ? Tommy un, Alfie deux. Alors quand elle sort du bureau, il la saisie par le bras et il la retient un instant. Pour voir, pour savoir.

« Tout va bien sucre d’orge ? Hum ? »

Murmure à peine avant qu’elle ne le repousse. Avant qu’il ne croise ses yeux embués de larmes. Il n’aime pas ça, Alfie, il est le seul à avoir le droit de la frapper, de la faire pleurer, et seulement pour la faire crier son nom ensuite, seulement pour qu’elle aime ça. Elle est à lui, pas vrai ?

« Ce ne sont pas vos affaires. Laissez-moi passer Mr Solomons, s’il vous plait. »

Ça aussi ça lui fait mal, à Alfie. Mais elle a raison. Ce n’est ni le lieu, ni le moment. Il a des affaires à régler, Alfie, pas vrai ? Il n’est pas venu pour ça. Et puis il a déjà gagné, pas vrai ? Elle ne peut plus préférer Tommy à lui maintenant, pas vrai ? Alor sil laisse partir, il la regarde s’éloigner ne grognant avant de rejoindre ce diable de Shelby dans son bureau. Il ne peut pas lui en vouloir à Tommy, parce qu’il vient de lui offrir la rouquine sur un plateau.

--- Y ---

Tu t’es précipité vers elle comme elle quittait le hall d’un pas décidé. Tu n’as pas la moindre idée de ce qui a pu pousser Thomas à la frapper, tu veux comprendre. Il la tenait en si haute estime, c’est ce qu’il avait dit. Et toi.. ce ne peut pas être toi, tu as si bien su tenir ta langue, tu t’en es très bien sorti, c’est ce qu’il a dit. Tu ne comprends pas. Jusqu’à ce que tu poses les yeux sur le bleu dans son cou, sur la trace laissée par les dents de la bête à qui elle a été livrée. Jusqu’à ce que tu voies ce sourire satisfait sur ses lèvres. Et tu es plus perdu encore.

« Je vais bien (y/n). Ca fait partie du plan. Tout homme aussi sauvage soit-il, a un point faible, je serais le sien. Et Tommy pourra en faire ce qu’il veut. »

Avec horreur tu réalises que tu connais déjà cette lueur dans son regard. Cette malicieuse petite flamme déterminée. Tu l’as déjà vue. Dans les yeux de Thomas. Cette lueur qui te glace le sang.  Elle n’a même pas réalisé qu’il se sert d’elle comme il se sert de toi. Mais tu ne peux pas le lui dire, pas sans expliquer le reste, pas sans la mettre en danger. Alors tu te contentes d’hocher la tête en silence. De maudire Tommy Shelby sans un mot. Ce diable de Shelby qui tient vos vies et vos âmes au creux de sa main.



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Re: Peaky Blinders - Partie 1

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